Les verbes irréguliers anglais, comment les faire entrer
Mis à jour le 5 septembre 2026.
La liste fait deux pages, elle est classée par ordre alphabétique, et elle commence par abide, arise, awake, trois verbes que votre enfant ne rencontrera jamais cette année. Il apprend les dix premiers, il s’arrête à la trentième ligne, et trois jours plus tard il ne reste rien.
Ce n’est pas un problème de mémoire ni de travail. C’est la liste qui est mal faite pour apprendre. L’ordre alphabétique est commode pour chercher un verbe, il est le pire ordre possible pour en retenir deux cents.
En bref. Les listes de manuels comptent entre 170 et 200 verbes irréguliers. On ne les apprend ni dans l’ordre alphabétique ni d’un bloc. Deux principes suffisent. D’abord regrouper par famille de son : les verbes irréguliers se rangent en une poignée de moules (keep, slept, felt, left suivent la même logique, sing, sang, sung aussi), et une famille s’apprend d’un coup là où vingt lignes isolées résistent. Ensuite commencer par les quinze verbes du quotidien, ceux qui reviennent dans toutes les phrases, et n’ajouter les autres qu’au fil des textes rencontrés. Et un détail qui divise le travail par trois : la troisième colonne ne sert pas encore.
Pourquoi la liste alphabétique ne marche-t-elle pas ?
Parce qu’elle range des verbes qui n’ont rien à voir à cote les uns des autres. Begin, bend, bet, bind, bite, bleed, blow se suivent parce qu’ils commencent par la même lettre, et cette lettre n’apprend rien : ce qui change entre les formes, c’est le milieu du mot.
Elle a un second défaut, plus sournois. Elle installe une mémoire en chaîne : l’enfant retrouve bought parce qu’il vient de dire bring, brought. Interroge seul sur buy, il sèche. C’est le même phénomène que sur une table de multiplication apprise comme une chanson, décrit dans notre article sur les tables de multiplication à imprimer.
Comment regrouper les verbes par famille ?
La quasi-totalité des verbes irréguliers entrent dans un petit nombre de moules. Les voici, avec quelques exemples chacun : c’est le classement à recopier sur une feuille avant de commencer.
| La famille | Le moule | Exemples |
|---|---|---|
| Rien ne bouge | les trois formes identiques | cut, put, let, hit, cost, set, shut, hurt |
| Les deux dernieres pareilles en -ought ou -aught | base, puis une forme unique repetée | buy / bought, bring / brought, think / thought, catch / caught, teach / taught, fight / fought |
| Les -t discrets | la voyelle se raccourcit et un t apparaît | keep / kept, sleep / slept, feel / felt, leave / left, mean / meant |
| i, à, u | trois voyelles différentes dans l’ordre | sing / sang / sung, drink / drank / drunk, swim / swam / swum, ring / rang / rung, begin / began / begun |
| i, o, o + en | le participe prend -en | drive / drove / driven, write / wrote / written, ride / rode / ridden |
| -ow, -ew, -own | très régulier une fois vu | know / knew / known, grow / grew / grown, throw / threw / thrown, blow / blew / blown, fly / flew / flown |
| Les inclassables | à apprendre un par un, mais ce sont les plus utiles | be, have, do, go, make, take, come, see, get, say |
Une famille se travaille en une séance. On la dit à voix haute, on entend le moule, et les cinq ou six verbes tiennent ensemble. C’est exactement ce que l’ordre alphabétique empêche.
Par quels verbes faut-il commencer ?
Par ceux qui reviennent dans presque toutes les phrases. Quinze suffisent pour la première année, et ils couvrent l’essentiel de ce qu’un élève lit et écrit :
be, have, do, go, make, take, come, see, get, know, give, find, think, tell, say.
Deux d’entre eux méritent un traitement à part parce qu’ils servent aussi d’auxiliaires : be et have. Nous leur avons consacré un article entier, sur la conjugaison de be en anglais, parce qu’ils construisent tout le reste.
Les autres s’ajoutent au fil des textes. La règle est simple : un verbe rencontre deux fois dans un texte de classe entre dans la liste, un verbe jamais rencontre attend. C’est le même principe de fréquence qui commande le choix du vocabulaire à apprendre.
Faut-il apprendre les trois colonnes ?
Pas tout de suite, et c’est le conseil qui fait gagner le plus de temps.
La troisième colonne est le participe passe. Elle sert au présent perfect, I have seen, et à la voix passive. Tant que ces deux points ne sont pas au programme, apprendre les trois colonnes triple le volume pour un usage nul.
Concrètement, sur la première année : deux colonnes, base verbale et prétérit. La troisième s’ajoute plus tard, et elle sera plus facile parce que la famille sera déjà connue. Beaucoup de familles ont d’ailleurs un participe identique au prétérit, ce qui fait tomber la difficulté à rien.
Comment les réviser sans réciter ?
Trois exercices, cinq minutes chacun, qui cassent la mémoire en chaîne.
Le désordre. On pioche au hasard, jamais dans l’ordre de la liste ni de la famille. C’est le minimum.
Le sens inverse. On donne la forme passée, l’enfant retrouve l’infinitif : bought, c’est le passe de quoi ? C’est plus dur, et c’est exactement ce que demande la lecture d’un texte, où l’on rencontre bought et non buy.
La phrase vraie. Plutôt que go, went, gone, demander trois choses faites hier. Une forme employée dans une phrase qui parle de soi s’installe mieux qu’une forme isolée.
Un quatrième exercice marche très bien chez les enfants qui n’aiment pas écrire : la chasse au verbe. On ouvre n’importe quel texte en anglais, on surligne tous les prétérits, et on retrouve les infinitifs. Cinq minutes, et le verbe est rencontre en situation.
Que faire quand un verbe ne rentre pas ?
Il y a toujours deux ou trois verbes qui résistent, souvent les mêmes : bring, catch, choose, lie. Trois solutions, dans cet ordre.
Vérifier la famille. Un verbe isole se rattache presque toujours à un moule. Catch, caught voisine avec teach, taught : appris ensemble, ils se tiennent.
Le mettre en phrase. Un verbe qui ne rentre pas seul rentre dans une phrase qui a du sens pour l’enfant.
L’accepter et passer. Deux verbes non sus sur quinze, c’est un rythme normal. Ils reviendront dans un texte, et ils rentreront la.
Si l’orthographe elle-même est instable, si le problème se pose aussi en français, la question dépasse la liste de verbes et mérite d’être regardée autrement.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de verbes irréguliers en anglais ?
Les listes proposées par les manuels et les sites spécialisés comptent le plus souvent entre 170 et 200 verbes. Le chiffre varie parce que certains verbes admettent une forme régulière et une forme irrégulière, et parce que les listes n’incluent pas toutes les mêmes verbes rares.
En combien de temps peut-on les apprendre ?
Les quinze du quotidien tiennent en deux à trois semaines à raison de cinq minutes par jour. L’ensemble d’une liste de manuel se construit sur plusieurs années, au fil des textes, et non en une session.
Faut-il les apprendre à l’écrit ou à l’oral ?
Les deux, mais dans cet ordre : d’abord à l’oral, parce que c’est le son qui porte la famille, ensuite à l’écrit. Un verbe appris seulement des yeux ne se déclenche pas en conversation.
Mon enfant les connaît mais fait des fautes à l’écrit, pourquoi ?
Presque toujours parce qu’il les a appris hors contexte. Une forme connue dans une liste ne se déclenche pas au moment d’écrire une phrase. La correction passe par des phrases complètes, courtes et repetées.
À quel niveau les apprend-on ?
Le prétérit et ses verbes irréguliers sont généralement abordes au collège, après le présent simple. La progression exacte varie : l’enseignant reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.
Sources
- Eduscol, ministère de l’Éducation nationale, programmes et repères de progressivité en langues vivantes pour le cycle 4.
- Le décompte de 170 à 200 verbes correspond aux listes publiées par les sites spécialisés et les manuels scolaires français, qui différent sur les verbes rares et sur les verbes à double forme.
- Le regroupement par famille de son propose ici est un classement pédagogique, vérifiable en lisant à voix haute les séries données dans le tableau.
Cet article décrit une façon d’organiser le travail à la maison. Il ne remplace pas la progression de l’enseignant, qui reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.