
Le plan du guide
- Pourquoi une carte mentale plutôt qu’un tableau ?
- Quelles sont les quatre séries à mettre sur la carte ?
- Comment faire apparaître ce qui se répète ?
- Combien de formes faut-il vraiment savoir écrire ?
- Faut-il la dessiner à la main ou utiliser un logiciel ?
- Quand la ressortir pour qu’elle serve ?
- Questions fréquentes
- À quel niveau le passé simple est-il travaillé ?
- Mon enfant confond passé simple et imparfait, que faire ?
- Faut-il apprendre les quatre séries en même temps ?
- La carte mentale marche-t-elle pour un enfant dyslexique ?
- Peut-on faire la même chose pour l’imparfait ou le futur ?
- Sources
Mis à jour le 5 septembre 2026.
Votre enfant récite ses terminaisons du passé simple le lundi soir, et le jeudi il écrit « ils prirent » avec deux r et « nous fûmes » sans accent. Vous avez essayé la liste, le tableau, la relecture à voix haute. Rien ne tient, parce que rien ne s’accroche à rien.
La carte mentale sert exactement à ça : montrer d’un seul coup d’œil que ces terminaisons ne sont pas vingt-quatre choses à retenir, mais quatre séries qui se ressemblent. Encore faut-il la construire avec l’enfant, et pas la lui donner toute faite.
En bref. Le passé simple tient en quatre séries de terminaisons : celle en -ai pour les verbes en -er et aller, celle en -is, celle en -us, et celle en -ins réservée à venir, tenir et leurs composés. Quatre séries de six personnes, cela fait vingt-quatre formes en tout, et une carte mentale bien faite montre que les six personnes suivent toujours le même dessin : deux formes identiques au singulier, un accent circonflexe aux deux premières personnes du pluriel, et une terminaison en -rent à la fin. La carte doit être dessinée par l’enfant, pas imprimée pour lui : c’est le tracé qui fait le travail, pas le résultat.
Pourquoi une carte mentale plutôt qu’un tableau ?
Un tableau de conjugaison présente les formes en colonnes. Il est juste, il est complet, et il ne dit rien de ce qui se ressemble.
La carte mentale, elle, part d’un centre et se ramifie. Cette forme oblige à décider ce qui est principal et ce qui est secondaire, ce qui va ensemble et ce qui s’oppose. Pour le passé simple, la décision est simple : au centre le temps, quatre branches pour les quatre séries, et sur chaque branche les six personnes.
L’intérêt n’est pas esthétique. Une fois les quatre branches tracées, l’enfant voit que -âmes, -îmes, -ûmes et -înmes occupent la même place sur les quatre branches. Il ne retient plus quatre choses, il retient une place et un accent qui change. C’est ce qu’un tableau ne montre jamais, parce que ses colonnes sont côte à côte et non superposées.
Quelles sont les quatre séries à mettre sur la carte ?
Les voici, avec ce qu’il faut écrire sur chaque branche.
| La branche | Pour quels verbes | Les six terminaisons |
|---|---|---|
| La branche en -ai | Tous les verbes en -er, plus aller | -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent |
| La branche en -is | Les verbes en -ir, et une grande partie des verbes en -re : finir, prendre, dire, faire, voir, écrire | -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent |
| La branche en -us | Une partie des verbes en -oir et en -re : pouvoir, vouloir, devoir, savoir, boire, croire, vivre, être, avoir | -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent |
| La branche en -ins | Uniquement venir, tenir et leurs composés : revenir, devenir, retenir, appartenir | -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent |
La quatrième branche surprend souvent les parents. Elle ne concerne qu’une poignée de verbes, mais ce sont des verbes que l’enfant rencontre dans tous les récits : il vint, ils tinrent, elle devint. La mettre sur la carte évite qu’elle soit découverte au moment du contrôle.
Comment faire apparaître ce qui se répète ?
C’est le cœur du travail, et c’est ce qui distingue une carte utile d’un joli dessin.
Une fois les quatre branches écrites, on demande à l’enfant de repasser d’une même couleur tout ce qui se répète d’une branche à l’autre. Il trouve alors trois choses, et il vaut mieux qu’il les trouve que de les lui dire.
Les deux premières personnes du singulier sont identiques dans trois séries sur quatre : je pris, tu pris ; je pus, tu pus ; je vins, tu vins. Seule la branche en -ai fait exception.
L’accent circonflexe tombe toujours au même endroit : sur nous et sur vous, jamais ailleurs. Nous prîmes, vous prîtes. C’est une règle de place, pas une liste à apprendre.
La troisième personne du pluriel se termine toujours par -rent : -èrent, -irent, -urent, -inrent. Quatre formes, une seule fin.
Ces trois observations réduisent les vingt-quatre formes à un dessin unique décliné quatre fois. C’est le même principe d’économie que celui que nous décrivons pour mémoriser les tables de multiplication : ce qui coûte est le nombre de choses réellement différentes, pas le nombre de cases.
Combien de formes faut-il vraiment savoir écrire ?
Vingt-quatre en théorie. Beaucoup moins en pratique, et le compte vaut la peine d’être fait devant l’enfant.
Quatre séries multipliées par six personnes donnent vingt-quatre formes. Mais un récit se raconte à la troisième personne : ouvrez n’importe quel livre que votre enfant lit et cherchez un passé simple à la première ou à la deuxième personne du pluriel. Vous n’en trouverez presque pas.
Les huit formes des troisièmes personnes, quatre au singulier et quatre au pluriel, sont donc celles qui reviennent dans ce qu’il lit et dans ce qu’il aura à écrire. Sur la carte, cela se traduit très simplement : on les entoure. Le reste doit être connu, mais il ne mérite pas le même temps de révision.
C’est un décompte que l’enfant peut vérifier lui-même, et c’est ce qui le rend crédible à ses yeux. Une règle qu’on vérifie tient mieux qu’une règle qu’on reçoit.
Faut-il la dessiner à la main ou utiliser un logiciel ?
À la main, et sur une seule feuille.
Les logiciels de carte mentale produisent un résultat propre en trois minutes, et c’est précisément le problème : le travail de mémorisation est dans le tracé, dans le choix de la couleur, dans l’hésitation sur l’endroit où poser la branche. Une carte téléchargée ou générée est une image de plus, pas un souvenir.
Quelques règles matérielles qui changent le résultat :
- Une feuille en paysage, format A4 minimum. Les branches partent vers la droite et vers la gauche, elles ont besoin de largeur.
- Une couleur par branche, tenue jusqu’au bout. La couleur devient l’indice de rappel : l’enfant se souvient d’abord de « la branche verte » avant de se souvenir de -us.
- Des mots, pas des phrases. Une carte lisible ne contient que des terminaisons et des exemples courts.
- Un exemple par branche, tiré de ses lectures. Une phrase qu’il a vraiment rencontrée s’ancre mieux qu’un verbe modèle.
Quand la ressortir pour qu’elle serve ?
Une carte dessinée puis rangée ne sert à rien. Ce qui la rend utile, c’est le rythme auquel on y revient.
Le principe est le même que pour tout le reste : revoir le lendemain, puis trois jours plus tard, puis une semaine plus tard. À chaque fois deux minutes, pas davantage. On ne relit pas la carte, on la refait de mémoire sur un brouillon, puis on compare.
Cette différence entre relire et refaire est décisive. Relire donne l’impression de savoir ; refaire montre ce qu’on ne sait pas. C’est le même écart qu’entre reconnaître un mot dans une liste et le retrouver quand on en a besoin.
Et au moment de la rédaction, la carte reste posée à côté du cahier. L’objectif n’est pas qu’elle disparaisse vite, c’est qu’elle devienne inutile parce que l’enfant la voit dans sa tête.
Questions fréquentes
À quel niveau le passé simple est-il travaillé ?
Il apparaît au cycle 3, en CM1 et CM2, puis il est repris au collège. C’est souvent en sixième que les erreurs se voient le plus, parce que les textes à rédiger s’allongent et que le temps n’est plus seulement reconnu, il doit être produit.
Mon enfant confond passé simple et imparfait, que faire ?
Ce n’est pas un problème de terminaisons mais d’emploi. L’imparfait installe le décor et dure, le passé simple raconte ce qui arrive et coupe. Le plus efficace est de prendre trois phrases d’un livre qu’il connaît et de lui faire dire, pour chaque verbe, si c’est le décor ou l’action.
Faut-il apprendre les quatre séries en même temps ?
Non. Une branche par semaine, en commençant par celle en -ai qui couvre le plus grand nombre de verbes, puis celle en -is. Les quatre branches d’un coup produisent exactement la confusion qu’on cherche à éviter.
La carte mentale marche-t-elle pour un enfant dyslexique ?
Elle est souvent une bonne entrée, parce qu’elle réduit la quantité de texte à lire et qu’elle passe par la couleur et la position plutôt que par la liste. Cela ne remplace pas un accompagnement adapté quand il est en place, et cela ne dispense pas d’un avis professionnel si les difficultés persistent.
Peut-on faire la même chose pour l’imparfait ou le futur ?
Oui, et c’est même plus rapide, ces temps ayant une seule série de terminaisons. Faire d’abord la carte du passé simple, la plus complexe, rend les suivantes évidentes.
Sources
- Les terminaisons données ici sont celles des quatre séries du passé simple de l’indicatif, telles qu’elles figurent dans les fiches de conjugaison de cycle 3, notamment la carte de conjugaison publiée par dys-positif.fr, qui liste pour le premier groupe et aller les formes -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent.
- Ministère de l’Éducation nationale, programmes de français du cycle 3, où l’étude du passé simple figure au titre de la conjugaison des temps du récit.
- Le décompte des vingt-quatre formes et des huit troisièmes personnes est une simple multiplication, vérifiable sur le tableau ci-dessus : quatre séries de six personnes, dont deux personnes de troisième par série.
Cet article décrit une façon de travailler à la maison. Il ne remplace pas la progression de l’enseignant, qui reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


