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Par quel bout mémoriser les tables de multiplication avec lui

Par · publié le , mis à jour le · 6 minutes de lecture

Carnet a spirale vierge, stylo et mug sur une table de cuisine en bois
Le plan du guide
  1. Pourquoi la récitation dans l’ordre ne suffit-elle pas ?
  2. Par quoi faut-il commencer ?
  3. Deux résultats par jour : pourquoi pas plus ?
  4. Comment casser la chanson quand elle est déjà installée ?
  5. Que faire quand un résultat résiste ?
  6. Quand passer au jeu et au chronomètre ?
  7. Questions fréquentes
  8. En combien de temps un enfant apprend-il ses tables ?
  9. Faut-il apprendre les tables dans l’ordre 2, 3, 4, 5 ?
  10. Le soir ou le matin ?
  11. Faut-il récompenser ?
  12. Mon enfant les sait le soir et les a oubliées le lendemain, est-ce grave ?
  13. Sources

Mis à jour le 5 septembre 2026.

Vous avez la fiche, vous avez le jeu, et pourtant ça ne rentre pas. Votre enfant récite la table de 7 du début à la fin sans se tromper, mais devant 7 x 6 pose tout seul, il repart de 7 fois 1. Vous avez l’impression de recommencer chaque semaine.

Ce n’est pas un problème de travail ni de mémoire. C’est un problème de méthode : la table a été apprise comme une chanson, et une chanson ne se découpe pas. Voici par quel bout la reprendre, dans quel ordre, et combien de temps cela prend réellement.

En bref. On ne mémorise pas une table, on mémorise des résultats isolés. La méthode tient en quatre étapes. Un, faire le tri : sur les 100 cases, seuls 15 résultats n’ont aucune astuce, tout le reste se déduit. Deux, en installer deux par jour, pas davantage, en les disant à voix haute. Trois, rebrasser les anciens chaque jour, trente secondes suffisent. Quatre, interroger dans le désordre et à l’envers, sinon la table reste une chanson. À ce rythme, les 15 résultats durs tiennent en une quinzaine de jours.

Pourquoi la récitation dans l’ordre ne suffit-elle pas ?

Parce qu’elle installe une mémoire en chaîne. L’enfant ne retient pas 7 x 6 = 42, il retient une suite : 7, 14, 21, 28, 35, 42. Pour atteindre 42, il doit parcourir toute la suite depuis le début.

En classe ou dans un calcul pose, cette suite ne sert à rien : il faut le résultat seul, immédiatement, sans le contexte. Un enfant qui récite parfaitement et qui bloque sur une question isolée n’a pas mal appris, il a appris autre chose que ce qu’on lui demande.

La récitation garde une utilité au tout début, pour installer la suite et faire entendre le rythme. Mais elle doit être abandonnée tôt, dès que la suite est fluide, sinon elle devient un obstacle.

Par quoi faut-il commencer ?

Avant d’apprendre quoi que ce soit, il faut savoir ce qui reste à apprendre, et c’est beaucoup moins que ce que tout le monde croit.

La table va de 1 à 10, soit 100 cases. Mais 6 x 7 et 7 x 6 donnent le même résultat : la moitié du tableau disparaît. Restent 36 résultats. Et sur ces 36, plusieurs familles ont une règle qui évite d’apprendre :

  • la table de 2 est le double, connu bien avant la multiplication ;
  • la table de 5 finit toujours par 0 ou par 5, et suit les aiguilles d’une horloge ;
  • la table de 9 à une propriété visible : les deux chiffres du résultat additionnes font toujours 9.

Il reste 15 résultats qui s’apprennent vraiment : 3×3, 3×4, 3×6, 3×7, 3×8, 4×4, 4×6, 4×7, 4×8, 6×6, 6×7, 6×8, 7×7, 7×8, 8×8. Nous détaillons ce décompte et les fiches qui vont avec dans notre article sur les tables de multiplication à imprimer.

Dire ce chiffre à l’enfant avant de commencer change son humeur, et son humeur change son rendement. Quinze, il se le représente. Cent, non.

Deux résultats par jour : pourquoi pas plus ?

Parce que la mémoire n’enregistre pas en volume, elle enregistre en répétitions espacées. Dix résultats donnés le même soir occupent une heure et s’effacent en trois jours. Deux résultats donnés chaque jour occupent cinq minutes et tiennent.

La séance type, cinq minutes, se découpe ainsi :

Durée Ce qu’on fait Pourquoi
30 secondes On redit les résultats des jours précédents, dans le désordre C’est le rebrassage, il empêche l’effacement
2 minutes On installe les deux résultats du jour, à voix haute, plusieurs fois Prononcer engage la mémoire autrement que lire
1 minute On les redemande après avoir parle d’autre chose Le petit oubli volontaire renforce le rappel
1 minute On les demande à l’envers : 42, c’est quoi fois quoi ? C’est ce que demandera la division

Le découpage compte plus que la durée totale. Une heure le dimanche ne remplace pas cinq fois cinq minutes.

Comment casser la chanson quand elle est déjà installée ?

Trois exercices, très courts, qui obligent à sortir de la suite.

Le désordre pur. On pioche au hasard dans toute la table, jamais deux fois de suite dans la même. Si l’enfant repart du début, on l’arrête et on lui demande de répondre sans réciter, même si c’est plus lent.

Le sens inverse. On donne le résultat, il cherche l’opération. C’est plus difficile, et c’est le meilleur test de ce qui est vraiment su. Un résultat que l’on ne retrouve qu’à l’endroit n’est pas encore installe.

Le saut. On demande 7 x 8 juste après 3 x 4. Le changement de table empêche l’enfant de s’appuyer sur la précédente.

Ces trois exercices sont plus désagréables que la récitation, et c’est normal : l’effort de rappel est exactement ce qui installe la mémoire. Un exercice confortable ne fait pas apprendre.

Que faire quand un résultat résiste ?

Il y en a toujours deux ou trois, et ce sont souvent les mêmes chez tous les enfants : 6 x 7, 7 x 8, 8 x 6.

Passer par un voisin connu. Si 7 x 7 fait 49, alors 7 x 8 fait 49 plus 7. Ce detour est lent, mais il donne la réponse juste, et à force il disparaît de lui-même.

Chercher l’accroche. 7 x 8 = 56 se retient bien avec la suite 5, 6, 7, 8. Ce genre d’astuce ne marche pas sur tout le monde, mais quand elle prend, elle est définitive.

Le traiter seul. Un résultat difficile ne s’apprend pas dans le lot. On le sort, on le travaille seul pendant trois jours, on le remet ensuite.

Et si l’enfant compte encore sur ses doigts pour 4 + 8, le problème n’est pas dans les tables : l’addition n’est pas automatique, et la multiplication repose dessus. Reprendre les doubles et les compléments à 10 fait alors plus de bien qu’une semaine de tables.

Quand passer au jeu et au chronomètre ?

Quand le résultat est connu mais lent, jamais avant. Tant que l’enfant cherche, un jeu chronomètre l’entraîne à deviner vite plutôt qu’à calculer juste.

Le stade se reconnaît facilement : l’enfant hésite deux ou trois secondes, puis répond juste. C’est la que le jeu fait gagner de la vitesse. Nous détaillons quels jeux fonctionnent, et lesquels sont occupationnels, dans notre article sur les jeux de tables qui font vraiment réviser.

Questions fréquentes

En combien de temps un enfant apprend-il ses tables ?

Les 15 résultats réellement difficiles tiennent en une quinzaine de jours à raison de deux par jour. L’ensemble, avec les familles à astuce, s’étale sur plusieurs mois et sur plusieurs années scolaires selon les enfants.

Faut-il apprendre les tables dans l’ordre 2, 3, 4, 5 ?

C’est l’ordre habituel à l’école, et il a une logique : on commence par les plus faciles. Mais pour un enfant qui bloque, mieux vaut trier par difficulté réelle que suivre l’ordre des nombres.

Le soir ou le matin ?

Peu importe, du moment que c’est tous les jours et court. Beaucoup de familles trouvent que le trajet vers l’école ou le petit-déjeuner fonctionne mieux que la table du soir, parce que l’enfant n’y est pas déjà fatigue.

Faut-il récompenser ?

Une récompense peut lancer une habitude, mais elle déplace vite l’intérêt vers elle. Le mieux est de rendre visible le progrès, en barrant les résultats acquis sur une liste : l’enfant voit la liste raccourcir, et c’est suffisant.

Mon enfant les sait le soir et les a oubliées le lendemain, est-ce grave ?

Non, c’est le fonctionnement attendu. Un résultat vu une seule fois s’efface. C’est le rebrassage du lendemain, puis de trois jours plus tard, qui installe la mémoire, pas la séance initiale.

Sources

  • Eduscol, ministère de l’Éducation nationale, ressources d’accompagnement en mathématiques pour les cycles 2 et 3, sur la place du calcul mental et de la mémorisation des faits numériques.
  • Le décompte des 100 cases, des 36 résultats et des 15 résultats sans astuce est un calcul direct à partir de la table de 1 à 10, vérifiable sur une grille de Pythagore.

Cet article décrit une façon de travailler à la maison. Il ne remplace pas la progression de l’enseignant, qui reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.

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