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Méthodes

Quelle table de multiplication à imprimer donner à son enfant

5 septembre 2026 · mis à jour le 6 septembre 2026
Quelle table de multiplication à imprimer

Mis à jour le 5 septembre 2026.

Vous tapez « table de multiplication à imprimer », et vous tombez sur quarante grilles qui se ressemblent toutes. Vous en imprimez une au hasard, vous la posez devant votre enfant, et il la regarde comme un mur. Une semaine plus tard, la feuille a disparu sous les cahiers et rien n’a bougé.

Le problème n’est pas la fiche, c’est qu’il en existe trois sortes et qu’elles ne servent pas au même moment. Donner la bonne au bon moment change beaucoup de choses. Et il y a un chiffre à dire à votre enfant avant même de commencer, parce qu’il transforme sa façon de voir la montagne.

En bref. Il n’existe pas une bonne fiche de tables de multiplication, il en existe trois, et elles ne servent pas au même moment. La table de Pythagore sert à comprendre, avant d’apprendre quoi que ce soit. Les tables en colonnes à compléter servent à mémoriser, une ou deux par semaine. La fiche des résultats difficiles sert à contrôler ce qui reste, et elle est beaucoup plus courte qu’on ne le croit : sur les 100 cases de la table, il n’y a que 36 résultats réels à connaître, et 15 seulement qui n’ont aucune astuce. Les trois fiches sont réunies dans un PDF à imprimer plus bas.

Pourquoi imprimer une table plutôt que d’ouvrir une application ?

Parce que le papier accepte d’être abîme. Un enfant peut poser son doigt dessus, entourer au crayon la case qu’il n’a pas su, barrer celles qui sont acquises, glisser la feuille sous sa trousse le temps de réfléchir. Une application, elle, corrige à sa place et passe à la suite : elle mesure, elle n’aide pas à chercher.

Le papier à un second avantage, moins évident. Il reste visible quand personne ne l’à demande. Une fiche scotchée au dos de la porte des toilettes ou sur le placard de la cuisine est relue trente fois par semaine sans que ce soit un exercice. C’est du travail qui ne coûte rien à personne, et c’est souvent ce qui fait la différence sur les tables.

Cela ne veut pas dire que les jeux en ligne ne servent à rien. Ils servent, mais plus tard, pour la vitesse, une fois que le résultat est connu : nous avons détaillé ce point dans notre article sur les jeux de tables qui font vraiment réviser. Tant qu’un enfant compte sur ses doigts pour répondre à 6 x 7, un jeu chronomètre ne fait que le mettre en échec plus vite.

Quelle fiche donner selon là où en est votre enfant ?

Le réflexe habituel est de donner la table complète tout de suite. C’est le meilleur moyen de décourager : cent cases, ça ressemble à une montagne. Voici comment les trois fiches se répartissent.

La fiche À quel moment Ce qu’elle sert à faire
Table de Pythagore Au tout début, souvent en CE1 Comprendre que multiplier, c’est croiser une ligne et une colonne. On la lit, on ne l’apprend pas.
Tables en colonnes à compléter Pendant l’apprentissage, du CE1 au CM1 Écrire soi-même les résultats, au crayon, pour pouvoir effacer et recommencer.
Les 15 résultats difficiles Quand le gros est acquis, souvent en CE2 ou CM1 Cibler ce qui coince vraiment au lieu de tout rebrasser.

Un enfant qui bloque n’a presque jamais besoin de revoir toutes les tables. Il a besoin qu’on trouve les quatre ou cinq résultats qui manquent, puis de les mémoriser un par un, deux par jour. Les fiches en colonnes servent à ça : ce qui reste vide au bout de trois minutes, c’est le programme des jours suivants.

Combien de résultats y a-t-il vraiment à apprendre ?

C’est le calcul que personne ne fait devant l’enfant, et c’est celui qui change le plus son humeur.

La table va de 1 à 10 : cela fait 100 cases. Mais 7 x 3 et 3 x 7 donnent le même résultat, ce qui coupe le travail en deux. Et les tables de 1 et de 10 ne s’apprennent pas, elles se comprennent en une phrase. Il reste 36 résultats.

Sur ces 36, plusieurs familles ont une règle qui évite de retenir quoi que ce soit :

  • la table de 2, c’est le double, un enfant sait doubler bien avant de savoir multiplier ;
  • la table de 5 : tous les résultats finissent par 0 ou par 5, et ils suivent les aiguilles d’une horloge ;
  • la table de 9 : les deux chiffres du résultat additionnes font toujours 9, de 18 à 90.

En retirant ces familles, il ne reste plus que 15 résultats qui s’apprennent vraiment : 3×3, 3×4, 3×6, 3×7, 3×8, 4×4, 4×6, 4×7, 4×8, 6×6, 6×7, 6×8, 7×7, 7×8, 8×8. À deux résultats neufs par jour, c’est huit jours de travail. Pas une année scolaire.

Dire ce chiffre à un enfant qui se croit perdu vaut souvent mieux qu’une semaine d’exercices. Quinze, il peut se le représenter. Cent, non.

Comment se servir de la table de Pythagore ?

On pose un doigt sur le nombre de la première colonne, un autre sur le nombre de la première ligne, et on les fait glisser jusqu’à ce qu’ils se rencontrent. La case où ils se croisent est le résultat. Ce geste, refait vingt fois, installe une idée que les récitations ne donnent pas : un produit est un croisement, pas un mot à réciter.

Deux choses valent la peine d’être montrées sur la grille elle-même.

La diagonale, d’abord : 1, 4, 9, 16, 25, 36, 49, 64, 81, 100. Ce sont les carrés, et ce sont les résultats que les enfants retiennent le plus facilement, parce qu’ils sonnent bien. Ils servent ensuite de points d’appui : quand on sait que 7 x 7 fait 49, on retrouve 7 x 8 en ajoutant 7.

La symétrie, ensuite : de part et d’autre de cette diagonale, la grille se répète à l’identique. C’est la preuve visible, sans un mot d’explication, que la moitié du travail n’existe pas.

Faut-il aller jusqu’à la table de 12 ?

À l’école primaire française, les tables s’arretent à 10. La table de 11 et celle de 12 viennent des programmes anglo-saxons, où elles sont d’usage courant, et elles réapparaissent sur beaucoup de fiches trouvées en ligne.

Rien n’interdit de les apprendre, mais ce n’est pas la priorité. La table de 11 est un jeu : jusqu’à 9, on double le chiffre. La table de 12 est utile plus tard, pour les durées et les douzaines. Tant que les 15 résultats difficiles ne sont pas acquis, aller chercher au-dela de 10 revient à ajouter du travail là où il n’en manque pas.

Si vous imprimez une fiche trouvée ailleurs, vérifiez ce point : une grille 12 x 12 donnée à un enfant de CE1 n’est pas un cadeau, c’est un mur.

Ou afficher la fiche, et pendant combien de temps ?

Le meilleur endroit est celui où l’enfant passe sans avoir rien à faire : la porte des toilettes, le placard en face de la table du petit-déjeuner, le mur à cote du lit. Pas le bureau. Sur le bureau, la fiche devient un outil de secours pendant les devoirs, et elle empêche l’effort de rappel qui fait justement apprendre.

Sur la durée, une règle simple : une fiche qui reste affichée plus de deux mois n’est plus lue, elle fait partie du mur. Mieux vaut la changer, la remplacer par la suivante, ou simplement la retirer une semaine pour la remettre ensuite.

Que faire quand la fiche ne suffit pas ?

Une fiche ne répare pas tout. Si votre enfant sait réciter la table de 7 dans l’ordre mais bloque sur 7 x 6 pose seul, ce n’est pas un problème de mémoire : la table a été apprise comme une chanson, et il faut la casser. On interroge dans le désordre, et surtout à l’envers : 42, c’est quoi fois quoi ?

Si l’enfant compte sur ses doigts à chaque fois, ce n’est pas non plus un problème de tables. C’est que l’addition n’est pas encore automatique, et les tables reposent dessus. Reprendre les doubles et les compléments à 10 fait souvent plus de bien qu’une semaine de multiplication.

Troisième cas : si la lecture des chiffres elle-même est instable, si l’enfant lit 6 pour 9 ou inverse les nombres à deux chiffres, la fiche imprimée peut aggraver les choses en le laissant seul devant une grille dense. Dans ce cas, une seule table par feuille, en gros caractères, vaut mieux que la grille complète.

Quelles fiches pouvez-vous télécharger ici ?

Le document ci-dessous réunit les quatre pages évoquées dans cet article, au format À4, en noir et blanc pour ne pas vider une cartouche de couleur : la table de Pythagore, les tables de 2 à 6 et de 7 à 11 à compléter, et la fiche des 15 résultats difficiles avec l’ordre de travail conseille.

Télécharger les fiches de tables de multiplication (PDF, 4 pages)

Questions fréquentes

À quel âge apprend-on les tables de multiplication ?

Les premières tables sont abordées au CE1, généralement 2, 3, 4 et 5, puis l’ensemble est travaillé et consolidé au CE2 et au CM1. Les dates varient d’une classe à l’autre : la progression exacte se demande à l’enseignant, c’est lui qui sait où en est le groupe.

Combien de temps par jour faut-il y consacrer ?

Trois à cinq minutes suffisent, tous les jours, plutôt qu’une demi-heure le dimanche. La mémorisation tient à la répétition espacée, pas à la durée de la séance.

Faut-il faire réciter la table dans l’ordre ?

Au début oui, pour installer la suite. Mais une table sue uniquement dans l’ordre n’est pas utilisable en calcul. Des que la récitation est fluide, il faut passer au désordre, puis aux questions inversées.

Les tables en couleur aident-elles vraiment ?

La couleur aide surtout à se repérer dans la grille, et à montrer les familles. Elle ne fait pas apprendre à la place de l’enfant, et elle coûte cher en encre. Une grille en noir et blanc avec une diagonale grisée remplit le même rôle.

Mon enfant sait ses tables le soir et les a oubliées le lendemain, est-ce normal ?

Oui, et c’est même le fonctionnement attendu. Un résultat revu une seule fois s’efface. Il faut le revoir le lendemain, puis trois jours plus tard, puis une semaine plus tard. C’est ce rebrassage qui installe la mémoire, pas la séance initiale.

Sources

  • Eduscol, ministère de l’Éducation nationale, ressources et attendus de fin d’année pour le cycle 2 et le cycle 3 en mathématiques. Référence à consulter pour la progression officielle.
  • Le décompte des 100 cases, des 36 résultats et des 15 résultats sans astuce est un calcul direct à partir de la table de 1 à 10, vérifiable sur la grille fournie.

Cet article décrit des façons de travailler à la maison. Il ne remplace ni l’enseignant, qui connaît la progression de la classe, ni un professionnel de santé si les difficultés persistent malgré un travail régulier.

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