
Le plan du guide
- Pourquoi un enfant dyslexique fait-il des fautes même sur des mots appris ?
- Dysorthographie : de quoi parle-t-on exactement ?
- Quelles erreurs retrouve-t-on le plus souvent ?
- Que peut adapter l’école face à la dysorthographie ?
- Dyslexie et orthographe à la maison : quels gestes aident ?
- Qui consulter, et que peut-on attendre de la rééducation ?
- Questions fréquentes sur la dyslexie et l’orthographe
- Faut-il punir ou comparer l’enfant qui fait trop de fautes ?
- Un ordinateur peut-il remplacer l’écriture à la main ?
- La dysorthographie existe-t-elle sans dyslexie ?
- Les fautes disparaissent-elles avec l’âge ?
- Ces difficultés touchent-elles aussi le moral ?
- Quels aménagements existent pour les examens ?
- Sources
Mis à jour le 23 octobre 2026.
Des fautes qui reviennent sur des mots pourtant familiers déroutent souvent les familles. Dyslexie et orthographe sont souvent associées, avec leurs mécanismes propres et des aides possibles. Dyslexie et orthographe, c’est d’abord une question de mémoire des mots et d’attention, car la transcription des sons en lettres coûte beaucoup à l’enfant. Nous passons en revue les types d’erreurs, les aménagements possibles à l’école, puis les gestes à adopter à la maison, sans promettre de miracle ni de guérison des fautes, car le trouble est durable.
En bref.
- Un enfant dyslexique fait des fautes même sur des mots familiers parce qu’il peine à mémoriser l’image globale des mots et que le travail de transcription des sons en lettres lui coûte beaucoup d’attention.
- Ce trouble de l’orthographe, la dysorthographie, accompagne très souvent la dyslexie, mais peut aussi exister seul.
- À l’école, on peut adapter la notation, le temps accordé, le nombre de mots à apprendre pour les dictées, parfois dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS.
- À la maison, des pense-bêtes sur les points difficiles, des listes courtes de mots et des jeux de mémorisation soutiennent l’enfant.
- Un bilan orthophonique permet de distinguer un trouble installé d’un simple retard, et la rééducation repose surtout sur l’orthophonie.
Pourquoi un enfant dyslexique fait-il des fautes même sur des mots appris ?
Le lien entre dyslexie et orthographe passe notamment par la mémoire des mots : chez un enfant dysorthographique, on observe une difficulté à mémoriser l’image des mots de façon globale, et cela vaut même pour des mots familiers. Un lecteur sans difficulté enregistre la forme globale d’un mot, son « étiquette », puis la mobilise de façon automatique. Pour l’enfant dyslexique, cette étiquette ne se fixe pas aussi bien, d’où des fautes qui reviennent sur un mot pourtant familier.
L’explication tient aussi à l’attention. D’après l’Inserm, certains enfants contrôlent laborieusement le dessin de chaque lettre, ce qui absorbe une grande partie de leur attention et les empêche de prêter attention aux autres aspects, comme l’orthographe ou le sens des mots. Quand la transcription des sons en lettres demande déjà tant d’efforts, il ne reste plus assez de ressources attentionnelles pour appliquer les règles de grammaire, en bout de chaîne.
Le décodage joue lui aussi : c’est en décodant fréquemment et correctement des mots que l’enfant les mémorise en traces stables. Selon l’Inserm, l’enfant dyslexique déchiffre lentement et fait des erreurs.
Dysorthographie : de quoi parle-t-on exactement ?
La dysorthographie est un trouble spécifique de l’apprentissage de l’orthographe. Les personnes concernées n’assimilent pas correctement les règles orthographiques, et ce trouble, comme tous les troubles dys, est durable. Il est le plus souvent une conséquence de la dyslexie. Il peut néanmoins s’observer de façon isolée.
Ce trouble s’inscrit dans un ensemble plus large. L’Inserm indique que, dans près de 40 % des cas, un enfant concerné par un trouble spécifique des apprentissages en présente plusieurs, et que ce problème de santé publique touche un à deux élèves par classe. Pour comprendre ce qui distingue chaque trouble dys, notre article sur le trouble dys pose les repères. Pour les signes qui doivent alerter et la marche à suivre pour un bilan, rendez-vous sur la page consacrée à la façon de savoir si l’on est dyslexique.
Un bilan orthophonique permet de faire la part des choses entre un trouble installé et un simple retard de développement.
Quelles erreurs retrouve-t-on le plus souvent ?
Les erreurs ne se ressemblent pas toutes. Certaines touchent le passage du son à la lettre, d’autres le découpage des mots ou les accords. Le tableau ci-dessous associe chaque famille d’erreurs à un exemple et à une aide, à partir des repères donnés par l’Inserm et par un site consacré à l’orthophonie.
| Type d’erreur | Exemple | Ce qui aide |
|---|---|---|
| Confusion de sons proches | ch/j, p/b : « un chouet » pour « un jouet » | Pense-bêtes laissés à disposition de l’enfant sur la confusion de sons |
| Déplacement de lettres ou inversion de syllabes | « hicopanque » pour « hippocampe » | Temps supplémentaire pour la relecture |
| Mots qui se prononcent de la même façon | « ver » et « vert », « haut » et « eau » | Mémorisation des mots par le jeu, comme le mémory |
| Découpage incongru des mots | « un narbre », « le l’apin », « le lent demain » | Temps supplémentaire pour les exercices et la relecture |
| Règles de grammaire | Accords du pluriel | Pense-bêtes sur les points difficiles |
Les erreurs phonétiques peuvent s’accompagner d’une difficulté à discriminer les sons proches et d’une faible conscience phonologique, que l’Inserm décrit dans la dyslexie. Les mots qui sonnent pareil obligent à retenir l’image du mot, et les accords arrivent en bout de chaîne.
Côté dyslexie et orthographe, repérer la famille d’erreurs dominante permet de cibler un pense-bête ou un jeu.
Que peut adapter l’école face à la dysorthographie ?
Selon l’Assurance maladie, des aides pédagogiques et un accompagnement sont possibles à l’école. Du côté de l’orthographe, un site consacré à l’orthophonie propose plusieurs pistes concrètes pour les enseignants :
- ne pas noter l’orthographe, ou ne noter que les mots correctement écrits ;
- octroyer plus de temps à l’enfant pour les exercices et pour la relecture ;
- diminuer le nombre de mots à apprendre par cœur en préparation des dictées ;
- laisser à disposition des pense-bêtes sur les points difficiles, comme la confusion de sons ou les accords du pluriel.
L’Assurance maladie cite d’autres aménagements courants : reformulation des consignes, photocopies adaptées, travail en petits groupes, allègement du travail. Elle mentionne aussi des aides en matériel pédagogique adapté, par exemple des outils informatiques comme un ordinateur ou des logiciels adaptés.
Lorsque le trouble de l’orthographe est handicapant au quotidien, ces aménagements peuvent être formalisés dans un PAP (plan d’accompagnement personnalisé) ou un PPS (projet personnalisé de scolarisation). Le PAP est élaboré à la demande de la famille ou des enseignants par le chef d’établissement, après avis du médecin scolaire ou du médecin qui suit l’enfant. Sa mise en œuvre est assurée par les enseignants au sein de la classe. L’attribution de matériel pédagogique adapté passe, elle, par la reconnaissance d’une situation de handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Dyslexie et orthographe à la maison : quels gestes aident ?
À la maison, l’objectif n’est pas d’effacer les fautes, mais d’aider l’enfant à compenser ses difficultés et à développer des stratégies efficaces pour accéder à un écrit fonctionnel. Il devra mettre en place des moyens de compensation et de mémorisation qui lui sont propres. Les difficultés d’orthographe se travaillent donc avec des moyens de compensation propres à l’enfant.
Des listes courtes pour les dictées. Puisque l’école peut diminuer le nombre de mots à apprendre par cœur, la maison peut suivre le même principe : il est possible de réduire le nombre de mots à apprendre pour chaque dictée.
Des pense-bêtes ciblés. Une fiche posée sur le bureau, consacrée à une confusion de sons ou à l’accord du pluriel, reprend une piste proposée par un site consacré à l’orthophonie.
Des jeux de mémorisation. Le mémory, cité par un site consacré à l’orthophonie, aide à retenir l’image des mots par le jeu. L’Assurance maladie suggère de son côté des jeux informatiques pédagogiques et ludiques pour associer lettres et sons. Notre sélection de jeux de lecture donne des idées dans ce sens, et l’article sur l’aide à la lecture pour un dyslexique prolonge le travail du décodage.
Du temps pour relire. Plus de temps pour la relecture, comme à l’école.
Enfin, le soutien de l’entourage est essentiel, car il aide l’enfant à avoir confiance en lui. L’Assurance maladie conseille d’accepter les limites de l’enfant et de soutenir ses efforts pour améliorer ses performances. Pour un panorama plus large, l’article consacré à l’enfant dyslexique complète ces repères.
Qui consulter, et que peut-on attendre de la rééducation ?
Si les fautes persistent malgré les efforts, le premier pas consiste à consulter un médecin ou un orthophoniste pour confirmer la nature du problème. Le médecin de l’enfant, pédiatre ou généraliste, en coordination avec le médecin de santé scolaire, prescrit des soins de rééducation orthophonique. D’après l’Assurance maladie, la rééducation repose surtout sur l’orthophonie.
Cette prise en charge aide l’enfant à mettre en place des stratégies pour contourner et compenser ses difficultés. Elle ne supprime pas le trouble. Plus les soins sont précoces, plus ils atténuent efficacement l’importance des troubles. La fréquence des séances et la durée du traitement sont adaptées à chaque cas, selon le bilan initial et les progrès réalisés, et les traitements sont régulièrement réévalués selon leur efficacité, les progrès constatés et les besoins de l’enfant.
Chaque région dispose d’une structure spécialisée, et les CMPP existent dans chaque département.
Questions fréquentes sur la dyslexie et l’orthographe
Faut-il punir ou comparer l’enfant qui fait trop de fautes ?
Non. L’Assurance maladie recommande de ne pas punir l’enfant pour ses difficultés et de ne pas le comparer aux autres enfants ni à ses frères et sœurs. Elle souligne que l’enfant dyslexique doit généralement fournir plus d’efforts que les autres pour apprendre.
Un ordinateur peut-il remplacer l’écriture à la main ?
L’Assurance maladie conseille de proposer un ordinateur à l’enfant lorsqu’il doit écrire de longs textes ou écrire vite.
La dysorthographie existe-t-elle sans dyslexie ?
Oui, mais c’est moins fréquent. Ce trouble coexiste souvent avec une dyslexie, tout en pouvant s’observer de façon isolée. Les personnes dysorthographiques sont fréquemment dyslexiques.
Les fautes disparaissent-elles avec l’âge ?
La dysorthographie est un trouble durable. L’enfant apprend à compenser grâce à des moyens de mémorisation qui lui sont propres, ce qui lui permet de poursuivre ses acquisitions scolaires sereinement.
Ces difficultés touchent-elles aussi le moral ?
Elles le peuvent. L’Inserm signale que des difficultés psychologiques et comportementales, comme l’anxiété de performance et le manque de confiance en soi, sont fréquemment associées aux troubles spécifiques des apprentissages.
Quels aménagements existent pour les examens ?
L’Assurance maladie cite l’augmentation du temps des épreuves, l’utilisation d’un matériel spécialisé, la mise en place d’un secrétariat et la conservation des notes.
Sources
- Inserm, « Troubles spécifiques des apprentissages », consultée le 14 octobre 2026, https://www.inserm.fr/dossier/troubles-specifiques-apprentissages/
- Assurance maladie (ameli), « La dyslexie et la dysorthographie au quotidien », consultée le 14 octobre 2026, https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit/accompagnement-familial-scolarisation
- Assurance maladie (ameli), « Dyslexie et dysorthographie : suivi médical et rééducation », consultée le 14 octobre 2026, https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit/prise-charge-medicale-reeducation
- Fédération française des DYS, « La dysorthographie, trouble de l’orthographe méconnu », consultée le 14 octobre 2026, https://www.ffdys.com/actualites/la-dysorthographie-trouble-de-lorthographe-meconnu-aufeminin-com/
Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


