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Comment savoir si on est dyslexique, ou si son enfant l’est ?

Par · publié le · 8 minutes de lecture

Un bureau en bois avec un cahier ouvert, une règle, un crayon, une lampe et une pile de livres illustrés
Le plan du guide
  1. Que désigne la dyslexie, et à quoi la reconnaît-on ?
  2. Quels signes doivent alerter, de la maternelle au CE1 ?
  3. Pourquoi un signe isolé ne suffit-il pas à conclure ?
  4. Comment savoir si on est dyslexique : qui consulter, et dans quel ordre ?
  5. Que mesure le bilan orthophonique, et que faire si le cas est complexe ?
  6. Questions fréquentes sur le repérage de la dyslexie
  7. À quel âge peut-on affirmer qu’un enfant est dyslexique ?
  8. Un enfant de 5 ans qui raconte mal une histoire est-il dyslexique ?
  9. Faut-il vérifier la vue et l’audition avant un bilan ?
  10. Qui peut prescrire le bilan orthophonique ?
  11. Peut-on contacter directement un centre de référence ?
  12. Sources

Mis à jour le 14 octobre 2026.

Un enfant qui peine à lire, confond des lettres ou renâcle devant ses cahiers déroute souvent son entourage, car ces difficultés ont des causes très diverses. Comment savoir si on est dyslexique, pour soi comme pour son enfant, demande de distinguer un temps d’apprentissage un peu long d’un trouble durable. Nous passons en revue les signes selon l’âge, ceux qui ne suffisent pas à conclure, les professionnels à consulter dans l’ordre, puis ce que mesure un bilan.

En bref.

  • Comment savoir si on est dyslexique : en repérant des signes évocateurs, en les signalant au médecin de l’enfant, puis en passant par un bilan orthophonique, le résultat n’étant sûr qu’une fois le CE1 achevé.
  • Les premiers signes sont repérables très tôt par l’entourage familial et scolaire, dès la maternelle pour certains (langage, repères dans l’espace et le temps).
  • Une confusion de lettres isolée ne prouve rien : la lecture met du temps à s’installer, et il faut d’abord écarter un problème de vue, d’audition ou d’une autre nature.
  • Le centre de référence n’intervient que pour les situations très complexes, sur adressage d’un professionnel de santé.

Que désigne la dyslexie, et à quoi la reconnaît-on ?

Comment savoir si on est dyslexique, c’est d’abord repérer un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, durable, qui ne s’explique pas par un manque d’intelligence, un défaut de vue ou d’audition, ni par un enseignement inadapté. La Haute Autorité de santé précise que ces troubles ne peuvent pas être totalement expliqués par une déficience sensorielle ou intellectuelle, par une pathologie neurologique ou psychiatrique avérée, ni par des conditions pédagogiques ou linguistiques inadéquates. Pour la place de la dyslexie parmi les autres troubles « dys », reportez-vous à notre page sur le trouble dys.

Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Environ 8 % des enfants sont atteints de troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage, selon la HAS. L’Inserm retient pour sa part que les troubles spécifiques des apprentissages concernent 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire, et qu’ils sont sévères chez 1 à 2 % des enfants concernés.

Sur le plan de la lecture, l’Inserm décrit ce qui se manifeste après le début de l’apprentissage au cours préparatoire : une mauvaise association entre graphèmes (signes écrits) et phonèmes (sons), et une incapacité à saisir rapidement un mot dans sa globalité. L’enfant déchiffre lentement et fait des erreurs.

Quels signes doivent alerter, de la maternelle au CE1 ?

Comment savoir si on est dyslexique selon l’âge ? L’Assurance Maladie décrit plusieurs signes, que le tableau ci-dessous classe par étape de la scolarité.

Âge ou classeSignes décrits
5 ansL’enfant n’arrive pas à dire ce qu’il veut, ni à reconstituer une histoire à partir d’images ; il dessine des bonhommes mal structurés ; il maîtrise mal les repères spatiaux (dessous/dessus, devant/derrière, haut/bas) ou temporels (matin, midi, soir).
Fin de CPL’enfant ne parvient pas à lire les syllabes ou fait de nombreuses erreurs.
CE1La lecture est lente, imprécise, et le message écrit n’est pas compris ; les cahiers sont peu soignés, avec de nombreuses ratures et une écriture qui se dégrade au fil de la tâche.

D’autres manifestations traversent plusieurs niveaux. L’Assurance Maladie cite des confusions auditives entre des sons proches (p/b, t/d, s/z) ou entre des mots de prononciation voisine comme pain et bain, malgré une audition normale. Elle cite aussi des confusions visuelles entre des lettres de formes proches (f/t, n/r, p/q, b/d) et des inversions de lettres : « por » au lieu de « pro », « bla » pour « bal », « fitre » pour « frite ».

Le comportement compte autant que la copie. La HAS énumère, parmi les signes que le médecin peut observer, la lenteur, la maladresse, un sur-investissement ou un sous-investissement du langage, l’opposition, l’agitation, les comportements d’évitement et des manifestations somatiques non spécifiques. L’Assurance Maladie relève de son côté que l’enfant peut refuser de lire, voire d’aller à l’école.

Pourquoi un signe isolé ne suffit-il pas à conclure ?

Aucun de ces signes, pris seul, ne permet de dire qu’un enfant est dyslexique. L’apprentissage du langage écrit nécessite au total un ou deux ans, et n’est terminé qu’à la fin du CE1 pour la plupart des enfants. Une confusion entre b et d en début d’apprentissage se rencontre donc dans une période où la lecture est encore en construction.

Les troubles sont certes repérables très tôt par l’entourage familial et scolaire, mais leurs caractéristiques ne se précisent qu’à la fin du CE1.

Il faut aussi écarter d’autres explications. L’Inserm indique que le diagnostic ne peut être réalisé qu’après avoir exclu une déficience intellectuelle, une déficience neurosensorielle (audition et vision), des difficultés psychiatriques ou un environnement social pouvant retentir sur les apprentissages. C’est pourquoi le médecin vérifie, selon la HAS, l’absence de trouble des fonctions visuelles et auditives lors de son examen.

Comment savoir si on est dyslexique : qui consulter, et dans quel ordre ?

Le premier interlocuteur est le médecin de l’enfant. La HAS lui attribue un rôle majeur dans le dépistage puis dans le diagnostic. Il s’agit du médecin généraliste ou du pédiatre. L’Assurance Maladie ajoute le médecin de protection maternelle et infantile et le médecin scolaire, à condition qu’ils soient formés.

Plusieurs rendez-vous de repérage jalonnent le parcours, selon l’Assurance Maladie :

  • dès 2 ans en cas d’antécédents familiaux de troubles « dys » ;
  • à 4 ans, pour l’acquisition de la connaissance des lettres ;
  • à 6 ans, lors de la visite médicale scolaire, au début de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ;
  • entre 7 et 9 ans, en fin de CP ou de CE1, jusqu’à l’aboutissement de cet apprentissage.

Si le médecin juge utile un bilan, c’est un bilan orthophonique. L’orthophoniste prévient et prend en charge, sur prescription médicale, les troubles de la communication écrite et orale, rappelle la Fédération française des DYS. Le médecin de santé scolaire peut lui aussi prescrire ce bilan pour les élèves des établissements du premier et du second degré de son secteur.

Que mesure le bilan orthophonique, et que faire si le cas est complexe ?

Le bilan orthophonique permet de préciser les caractères de la dyslexie, selon l’Assurance Maladie. Il ne se confond pas avec la recherche des causes éventuelles : cette dernière vise à détecter une pathologie auditive, visuelle, neurologique, psychologique ou psychiatrique à l’origine des troubles.

Selon la situation, le parcours peut donc comprendre :

  • un test d’audition (audiogramme) mené par un oto-rhino-laryngologiste ;
  • une consultation psychologique avec un test de quotient intellectuel ou des tests de personnalité ;
  • éventuellement, un rendez-vous chez un neuropédiatre en cas de troubles complexes des apprentissages.

On parle alors de bilan diagnostique pluridisciplinaire coordonné par un médecin. Il doit être demandé devant la persistance de difficultés sévères malgré une prise en charge bien suivie.

La HAS organise l’ensemble en trois niveaux :

  1. Le premier niveau, pour les diagnostics simples, repose sur une prise en charge de proximité par des spécialistes de ville (orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, psychologue spécialisé en neuropsychologie), sous la responsabilité du médecin de l’enfant et en lien avec le médecin scolaire ou de la protection maternelle et infantile.
  2. Le deuxième niveau prend en charge, par une équipe pluridisciplinaire spécialisée, les diagnostics plus complexes.
  3. Le troisième niveau relève des centres de référence, une quarantaine en France, rattachés à des équipes hospitalières universitaires.

Un centre de référence n’est pas une porte d’entrée. Celui du CHU de Grenoble Alpes précise qu’il n’est pas sollicité en première intention pour un dépistage ou un diagnostic simple, qu’il ne donne pas de rendez-vous directement et que les enfants lui sont adressés exclusivement par un professionnel de santé, qui constitue un dossier. Le délai d’attente y est en moyenne de 4 à 6 mois entre la réception du dossier et la première consultation médicale.

Faut-il attendre le CE1 pour agir ? Non : selon la HAS, les conséquences de ces troubles peuvent être prévenues ou atténuées par une prise en charge précoce adaptée, alors que beaucoup d’enfants sont encore diagnostiqués très tardivement. Pour la suite à la maison, voyez notre page sur la dyslexie et l’orthographe.

Questions fréquentes sur le repérage de la dyslexie

À quel âge peut-on affirmer qu’un enfant est dyslexique ?

Le diagnostic ne peut être posé avec certitude qu’à la fin de l’année de CE1, période où la majorité des enfants maîtrisent la lecture et l’écriture. Avant, des signes peuvent alerter et justifier un accompagnement, sans que la conclusion soit définitive.

Un enfant de 5 ans qui raconte mal une histoire est-il dyslexique ?

Pas forcément. Raconter mal une histoire à cet âge figure parmi les signes décrits par l’Assurance Maladie. C’est un motif d’en parler au médecin de l’enfant, qui examine les signes évocateurs.

Faut-il vérifier la vue et l’audition avant un bilan ?

Oui. Le médecin contrôle la vue et l’audition, et un audiogramme peut être demandé à un spécialiste de l’oreille. L’Assurance Maladie propose par ailleurs un dépistage scolaire des troubles de la vue en petite section de maternelle.

Qui peut prescrire le bilan orthophonique ?

L’orthophoniste intervient sur ordonnance du médecin. Celui de l’école peut aussi la rédiger pour les élèves de son secteur.

Peut-on contacter directement un centre de référence ?

Non. Le centre de référence du CHU de Grenoble Alpes ne donne pas de rendez-vous directement : seul un professionnel de santé peut lui adresser l’enfant. Le premier réflexe consiste à s’adresser au médecin traitant ou au pédiatre.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, « Troubles « dys » : vers un parcours de santé gradué et coordonné », https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2974221/fr/troubles-dys-vers-un-parcours-de-sante-gradue-et-coordonne, consultée le 14 octobre 2026.
  2. Inserm, « Troubles spécifiques des apprentissages », https://www.inserm.fr/dossier/troubles-specifiques-apprentissages/, consultée le 14 octobre 2026.
  3. Assurance Maladie (ameli.fr), « Dyslexie et dysorthographie : symptômes, détection, diagnostic », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit/symptomes-detection-diagnostic, consultée le 14 octobre 2026.
  4. CHU Grenoble Alpes, « Centre de référence des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA) », https://www.chu-grenoble.fr/patients-et-accompagnants/offre-de-soin/centre-de-reference-des-troubles-du-langage-et-des-apprentissages-crtla, consultée le 14 octobre 2026.
  5. Fédération française des DYS, « Aides pour les enfants, adolescents et jeunes adultes », https://www.ffdys.com/troubles-dys/aides-pour-les-enfants-adolescents-et-jeunes-adultes/, consultée le 14 octobre 2026.

Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.

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