Trouble dys : de quoi parle-t-on exactement ?
Par Chantale · publié le · 8 minutes de lecture

Le plan du guide
- Qu’est-ce qu’un trouble dys ?
- Quels sont les différents dys ?
- Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : que recouvrent-elles ?
- Dyspraxie, dysphasie et TDAH : quelle place dans les troubles dys ?
- Trouble ou simple difficulté : où passe la frontière ?
- Combien d’enfants sont concernés, et avec quels troubles associés ?
- Que faire pour l’enfant, à l’école et au quotidien ?
- Questions fréquentes sur le trouble dys
- Trouble dys et dys : est-ce la même chose ?
- Le TDAH est-il un trouble dys ?
- Un trouble dys disparaît-il avec l’âge ?
- Qui pose le diagnostic ?
- Un enfant peut-il avoir plusieurs troubles dys ?
- Les troubles dys relèvent-ils du handicap ?
- Sources
Mis à jour le 14 octobre 2026.
Sous un même mot, on range des difficultés qui n’ont pas grand-chose en commun au premier regard : lire, écrire, compter, parler, se coordonner. Le trouble dys désigne pourtant un ensemble précis, reconnu par la médecine et par l’école, et ses contours sont plus étroits que ne le laisse penser l’usage courant. Nous passons en revue ce que recouvre l’expression, la place du TDAH, la frontière avec la simple difficulté scolaire, puis les chiffres et les associations de troubles.
En bref.
- Un trouble dys est un trouble cognitif spécifique du neurodéveloppement, durable, qui touche une ou plusieurs fonctions (lecture, écriture, calcul, langage oral, geste) sans atteindre l’ensemble du fonctionnement intellectuel.
- Selon l’Inserm, les troubles spécifiques des apprentissages concernent 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire, et sont sévères chez 1 à 2 % des enfants concernés.
- Dans près de 40 % des cas, un enfant présente plusieurs troubles à la fois.
- Le médecin traitant est le premier interlocuteur pour obtenir un diagnostic, qui mobilise des professionnels de santé et de rééducation.
- Les troubles sont durables, mais une prise en charge et des adaptations pédagogiques aident l’enfant à progresser.
Qu’est-ce qu’un trouble dys ?
Trouble dys, c’est le nom courant donné aux troubles cognitifs spécifiques de l’enfance, décrits par Mon Parcours Handicap comme des troubles du neuro-développement. Le mot « spécifique » a un sens exact : ces troubles affectent une ou plusieurs fonctions cognitives, mais pas l’ensemble du fonctionnement cognitif. Ils ne s’expliquent pas entièrement par une déficience sensorielle ou neurologique, ni par un trouble psychiatrique.
La Fédération française des DYS situe les troubles dys parmi les troubles neurodéveloppementaux, cognitifs et comportementaux qui se manifestent pendant l’enfance. Elle les distingue des troubles du développement intellectuel et des troubles du spectre de l’autisme. Elle précise aussi que le terme « spécifique » se justifie par des conséquences très différentes, en matière de handicap et de prise en charge, de celles des autres troubles neurodéveloppementaux.
Le vocabulaire médical actuel parle de troubles spécifiques des apprentissages. Pour l’Inserm, ce sont les troubles « plus connus sous le nom de troubles dys », durables, avec des répercussions sur la scolarité et la vie quotidienne. L’origine n’est pas un manque d’effort : l’Inserm indique qu’une susceptibilité génétique a été démontrée.
Quels sont les différents dys ?
Les troubles dys regroupent plusieurs profils. Les troubles dys se reconnaissent à ce qu’ils touchent, comme le résume ce tableau fondé sur l’Inserm, la Fédération française des DYS et Mon Parcours Handicap.
| Nom courant | Nom médical | Ce qui est touché |
|---|---|---|
| Dyslexie | Trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture | Acquisition de la lecture, généralement hésitante, ralentie, avec des erreurs |
| Dysorthographie | Trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite | Acquisition de l’orthographe, avec des erreurs fréquentes, voire systématiques |
| Dyscalculie | Trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul | Compréhension et utilisation des nombres |
| Dysphasie | Trouble du langage oral | Développement du langage, expression et/ou compréhension |
| Dyspraxie | Trouble développemental de la coordination | Planification et coordination des gestes complexes |
La dysgraphie, trouble de l’écriture, est rattachée par l’Inserm au trouble développemental de la coordination dans certaines de ses formes. L’Assurance maladie la décrit aussi comme une difficulté touchant le dessin, le graphisme et l’écriture.
Pour les signes de la dyslexie et le repérage, la page Comment savoir si on est dyslexique détaille la démarche.
Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : que recouvrent-elles ?
Pour la dyslexie, l’Inserm décrit un enfant qui déchiffre lentement et fait des erreurs. Ce trouble est très souvent associé à une difficulté à maîtriser l’orthographe. Mon Parcours Handicap fait le même lien : la dysorthographie est souvent associée à la dyslexie. L’Assurance maladie regroupe d’ailleurs les deux sous l’appellation de troubles du langage écrit, repérables très tôt par l’entourage familial et scolaire, et pour lesquels une rééducation est indispensable.
La dyscalculie touche un autre domaine. Selon l’Inserm, les enfants concernés ont une mauvaise perception des quantités numériques, ce que l’on appelle le sens du nombre. Ils peuvent aussi rencontrer des difficultés de mémorisation et d’apprentissage des tables d’addition et de multiplication. Sur ce point, la page Mémoriser les tables de multiplication propose des pistes concrètes.
Dyspraxie, dysphasie et TDAH : quelle place dans les troubles dys ?
La dyspraxie porte aussi le nom de trouble développemental de la coordination, d’après l’Assurance maladie. Elle fait partie des troubles dys et des troubles des apprentissages. Les gestes appris s’automatisent mal, et l’Inserm note des difficultés pour planifier, programmer et coordonner des gestes complexes. L’Assurance maladie estime qu’elle touche 5 à 7 % des enfants de 5 à 11 ans, avec 2 à 4 garçons atteints pour une fille. Son origine reste inconnue. Voir aussi l’aide aux devoirs en cas de dyspraxie.
La dysphasie est un trouble du développement du langage, qui peut affecter l’expression et/ou la compréhension du langage oral. La Fédération française des DYS parle de troubles sévères du développement du langage. L’école a ses propres repères, présentés dans la dysphasie et l’aide à l’école.
Le TDAH, trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, figure dans la liste de l’Inserm parmi les troubles qui accompagnent souvent les troubles des apprentissages. Plus de 50 % des enfants concernés par un TDAH présentent d’autres troubles des apprentissages associés.
Trouble ou simple difficulté : où passe la frontière ?
L’Inserm distingue deux niveaux : 15 à 20 % des enfants rencontrent des difficultés d’apprentissage et scolaires, alors que les troubles spécifiques des apprentissages ne concernent que 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire. Un trouble, pour la Fédération française des DYS, se reconnaît à ce que la performance et les difficultés observées vont au-delà des variations normales attendues pour l’âge et pour le niveau de fonctionnement intellectuel. Il est durable et persiste tout au long de la vie.
Le diagnostic obéit à une condition. D’après l’Inserm, il suppose d’avoir écarté une déficience intellectuelle, neurosensorielle (audition et vision), des difficultés psychiatriques ou un environnement social pouvant retentir sur les apprentissages.
Le bilan dépend du domaine :
- difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique : bilan orthophonique ;
- coordination motrice, graphisme ou difficultés visuo-perceptives ou visuo-motrices : bilan spécialisé par un psychomotricien ou un ergothérapeute.
Mon Parcours Handicap invite à consulter le médecin traitant pour établir un diagnostic. Le repérage, lui, peut être fait par les parents, les professionnels de la petite enfance ou les enseignants.
Combien d’enfants sont concernés, et avec quels troubles associés ?
Les chiffres varient selon les sources. Voici ceux qui sont publiés.
| Source | Chiffre |
|---|---|
| Inserm | entre 5 et 7 % des élèves ; sévères chez 1 à 2 % des enfants concernés |
| Fédération française des DYS | 6 à 8 % des enfants par classe d’âge pour l’ensemble des troubles |
| Fédération française des DYS | 4 à 5 % de dyslexiques, 3 % de dyspraxiques, 2 % de dysphasiques |
La Fédération précise que les chiffres varient selon les études, les pays et les époques. L’Inserm évoque un à deux élèves par classe, avec des disparités de prise en charge selon les régions.
L’association de plusieurs troubles porte un nom : la comorbidité. Selon l’Inserm, près de 40 % des enfants concernés présentent plusieurs troubles. Un trouble du langage oral est suivi, dans plus de 50 % des cas, d’un risque de trouble de la lecture. Des difficultés psychologiques, comme l’anxiété de performance ou le manque de confiance en soi, sont aussi fréquemment associées.
Que faire pour l’enfant, à l’école et au quotidien ?
L’Inserm recommande un dépistage et une prise en charge précoces dès la maternelle, avant 5 ans et si possible dès 3 ans. Il n’existe pas de technique « miracle » : les troubles sont durables, mais la prise en charge aide à compenser ce qui est touché. L’organisation des soins repose sur plusieurs niveaux : au premier, le médecin traitant et le rééducateur adapté ; au troisième, des centres de référence dans des centres hospitaliers universitaires pour les cas les plus complexes.
À l’école, tous les troubles des apprentissages nécessitent des adaptations pédagogiques, qui peuvent se poursuivre jusqu’au brevet, voire jusqu’au bac. Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) s’adresse, selon Mon Parcours Handicap, aux élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables liées à un ou plusieurs troubles des apprentissages, sans reconnaissance du handicap. Les familles trouveront d’autres appuis dans la règle de lecture.
Questions fréquentes sur le trouble dys
Trouble dys et dys : est-ce la même chose ?
Oui, « dys » est l’abréviation courante. L’Inserm précise que les troubles spécifiques des apprentissages sont plus connus sous le nom de troubles « dys ».
Le TDAH est-il un trouble dys ?
L’Inserm cite le TDAH parmi les troubles qui accompagnent fréquemment les troubles des apprentissages : plus de 50 % des enfants avec TDAH présentent d’autres troubles des apprentissages associés.
Un trouble dys disparaît-il avec l’âge ?
Non. La Fédération française des DYS indique que ces troubles sont durables et persistent tout au long de la vie. Une prise en charge reste cependant utile, car elle compense en partie les fonctions touchées.
Qui pose le diagnostic ?
Le premier réflexe est de consulter le médecin traitant, comme le conseille Mon Parcours Handicap. Selon le domaine, le bilan est orthophonique, ou réalisé par un psychomotricien ou un ergothérapeute.
Un enfant peut-il avoir plusieurs troubles dys ?
Oui. Cette association se nomme comorbidité. L’Inserm la relève dans près de 40 % des cas.
Les troubles dys relèvent-ils du handicap ?
La Fédération française des DYS mentionne la reconnaissance de ces troubles dans le champ du handicap par la loi du 11 février 2005. Le PAP, lui, s’adresse aux élèves sans reconnaissance du handicap.
Sources
- Inserm, « Troubles spécifiques des apprentissages », https://www.inserm.fr/dossier/troubles-specifiques-apprentissages/ (consultée le 14 octobre 2026)
- Fédération française des DYS, « Troubles DYS », https://www.ffdys.com/troubles-dys/ (lue le 14 octobre 2026)
- Assurance maladie, « Comprendre la dyspraxie de l’enfant », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/dyspraxie-enfant/definition-mecanismes (date de lecture : 14 octobre 2026)
- Mon Parcours Handicap, « Troubles dys : quels aménagements pour la scolarité ? », https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/troubles-dys-quels-amenagements-pour-la-scolarite (ouverte le 14 octobre 2026)
- Assurance maladie, « Dyslexie et dysorthographie de l’enfant », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit
Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


