La conjugaison anglaise, par quel temps faut-il commencer
Mis à jour le 5 septembre 2026.
Votre enfant a recopié trois tableaux de conjugaison anglaise. Il vous les récite presque sans faute. Puis on lui demande d’écrire deux phrases sur son week-end, et plus rien ne sort, ou alors I am go to the cinéma. Vous vous demandez à quoi ont servi les tableaux.
Ils n’ont servi à rien, et ce n’est pas la faute de l’enfant. La conjugaison anglaise ne s’apprend pas comme la française, parce que la difficulté n’est pas au même endroit. Prise dans le bon ordre, elle est nettement plus simple que celle du français. Voici cet ordre, et pourquoi il commence par un endroit inattendu.
En bref. On ne commence pas la conjugaison anglaise par un temps, on la commence par un verbe : be. C’est le seul qui change vraiment de forme, il sert à se présenter dès la première leçon, et il construit ensuite le présent continu. Vient have, pour la possession puis pour le présent perfect. Le présent simple arrive en troisième, avec sa seule vraie difficulté, le s de la troisième personne. Le prétérit ferme la première année. Bonne nouvelle à dire tout de suite à votre enfant : là où le français demande six formes par temps, l’anglais en demande deux au présent simple et une seule au prétérit pour les verbes réguliers.
Pourquoi la conjugaison anglaise fait-elle peur alors qu’elle est plus simple que la française ?
Comptez avec votre enfant. Au présent, le verbe chanter donne en français six formes écrites différentes : je chante, tu chantes, il chante, nous chantons, vous chantez, ils chantent. Le même verbe en anglais donne sing partout, sauf à la troisième personne du singulier où il devient sings. Deux formes contre six.
Au passe, l’écart se creuse encore. Le passe simple français impose une forme par personne, l’imparfait aussi. Le prétérit anglais d’un verbe régulier donne walked à toutes les personnes, sans exception. Une forme.
Alors pourquoi est-ce si difficile ? Parce que la difficulté n’est pas au même endroit. En français, elle est dans les terminaisons. En anglais, elle est dans les auxiliaires : ces petits mots, be, have, do, qui ne veulent souvent rien dire tout seuls mais sans lesquels la phrase ne tient pas. Un enfant qui a compris à quoi sert chaque auxiliaire à fait les trois quarts du chemin. Un enfant qui apprend des tableaux sans les auxiliaires recopie des formes qu’il ne saura pas utiliser.
Par quel temps faut-il commencer ?
Voici l’ordre qui évite le plus de blocages, et ce que chaque étape permet de dire.
| Étape | Ce qu’on apprend | Ce que l’enfant peut dire ensuite |
|---|---|---|
| 1 | Le verbe be au présent : am, is, are | Se présenter, dire son âge, dire où il est, décrire |
| 2 | Le verbe have au présent : have, has | Dire ce qu’il possède, parler de sa famille, de ses animaux |
| 3 | Le présent simple avec do et does | Raconter ses habitudes, poser des questions, dire ce qu’il n’aime pas |
| 4 | Le présent continu : be + verbe en -ing | Dire ce qui se passe maintenant, décrire une image |
| 5 | Le prétérit, réguliers puis irréguliers | Raconter son week-end, ses vacances, une histoire |
Cet ordre n’est pas celui des tableaux de conjugaison, qui commencent souvent par le présent simple. Il suit un autre principe : à chaque étape, l’enfant doit pouvoir dire quelque chose de vrai sur lui-même le soir même. C’est ce qui fait tenir l’apprentissage d’une langue chez un enfant, bien plus que la logique grammaticale.
Pourquoi commencer par be plutôt que par le présent simple ?
Pour trois raisons, et elles se cumulent.
C’est le seul verbe vraiment irrégulier au présent. Trois formes, am, is, are, là où tous les autres verbes anglais en ont deux. Le traiter en premier, seul, évite de le mélanger plus tard avec la règle générale.
C’est le verbe le plus fréquent de la langue. Il ouvre les présentations, les descriptions, les questions de base. Un enfant qui maîtrise I am, you are, he is peut déjà tenir un échange de dix phrases.
Il sert de brique pour la suite. Le présent continu, c’est be plus le verbe en -ing. Le passif, plus tard, c’est encore be. Chaque heure passée sur be est rentabilisée deux fois.
Le piège à signaler des le début : en français on dit j’ai douze ans, en anglais on dit I am twelve. L’âge se dit avec be, pas avec have. C’est l’erreur la plus tenace des élèves francophones, et elle se corrige beaucoup plus facilement le premier mois que la troisième année.
Que faut-il savoir du présent simple, et surtout du s de la troisième personne ?
Le présent simple sert à dire ce qui est habituel, permanent ou vrai en général : I play football on Wednesdays. La forme est le verbe nu, sauf à la troisième personne du singulier, où l’on ajoute un s.
Ce s est la première source de fautes, pour une raison mécanique : il disparaît dès qu’un auxiliaire arrive. On dit he plays, mais does he play ? et he doesn’t play. Le s a saute sur le does. Beaucoup d’enfants écrivent does he plays parce que personne ne leur à montre ce déplacement.
Une image qui fonctionne bien à la maison : le s est un objet unique dans la phrase. Il ne peut pas être à deux endroits. S’il est parti sur l’auxiliaire, il n’est plus sur le verbe.
Trois cas d’écriture à connaître en même temps, pas après :
- verbe en -o, -ch, -sh, -ss, -x : on ajoute es. go devient goes, watch devient watches ;
- verbe en consonne + y : le y devient ies. study devient studies ;
- verbe en voyelle + y : rien ne change. play devient plays.
Quand introduire le prétérit et les verbes irréguliers ?
Le prétérit peut arriver dès que les trois premières étapes tiennent, souvent au cours de la première année d’anglais. Le mécanisme est simple : pour les verbes réguliers, on ajoute -ed, et c’est la même forme à toutes les personnes.
La liste des verbes irréguliers, elle, ne s’apprend pas d’un bloc. C’est l’erreur la plus répandue : on donne les deux cents lignes du manuel, et l’enfant abandonne à la trentième. Mieux vaut prendre les quinze verbes qui reviennent dans toutes les phrases du quotidien, be, have, go, do, make, say, see, get, come, take, know, give, find, think, tell, et n’ajouter les suivants qu’au fil des textes rencontrés.
Un point que les listes ne disent pas : la troisième colonne, le participe passe, ne sert pas encore. Elle servira pour le présent perfect. Tant que ce temps n’est pas au programme, apprendre les trois colonnes triple le travail pour rien.
Comment réviser la conjugaison sans réciter des listes ?
La récitation à un défaut : elle produit une mémoire en chaîne. L’enfant retrouve went uniquement s’il a dit go juste avant. Interroge seul, il sèche.
Trois façons de casser la chaîne, qui prennent chacune moins de cinq minutes.
Le désordre. On pioche les verbes au hasard, jamais dans l’ordre de la liste.
Le sens inverse. On donne la forme passée et on demande l’infinitif : bought, c’est le passe de quoi ? C’est plus difficile, et c’est ce que demande la lecture d’un texte.
La phrase entière. Plutôt que go, went, gone, on demande de raconter trois choses faites hier. Une forme employée dans une phrase vraie s’installe mieux qu’une forme isolée.
Une carte mentale posée sur une seule feuille, avec be au centre et ses emplois autour, rend souvent plus de services qu’un tableau recopie. Elle montre les liens là où le tableau montre des cases.
Que faire quand l’enfant mélange be et do ?
C’est la confusion la plus fréquente, et elle a une cause précise : les deux servent à poser une question, mais pas pour les mêmes verbes. Are you happy ? avec be, parce que happy n’est pas un verbe. Do you like it ? avec do, parce que like en est un.
Le test à faire ensemble, à l’oral, sur cinq phrases : y a-t-il un verbe d’action dans la phrase ? Si oui, la question se pose avec do ou does. Si non, s’il n’y a qu’un adjectif, un nom ou un lieu, la question se pose avec be.
Ce test vaut mieux qu’une règle apprise, parce qu’il se refait tout seul au moment d’écrire. Et il résout du même coup la faute symétrique, I am like football, qui vient exactement du même flou.
Questions fréquentes
Combien de temps y a-t-il en anglais ?
Cela dépend de la façon dont on les compte, car l’anglais combine deux temps grammaticaux, présent et passe, avec des aspects, simple, continu, perfect. En pratique, un élève de collège manipule cinq à six formes : présent simple, présent continu, prétérit, présent perfect, et le futur avec will ou going to.
Faut-il apprendre les tableaux de conjugaison par coeur ?
Un tableau sert à vérifier, pas à apprendre. Ce qui s’apprend, ce sont les trois auxiliaires et les cas particuliers d’écriture. Le reste se déduit, contrairement au français.
À quel âge commence-t-on la conjugaison anglaise ?
L’anglais est enseigné dès le primaire, surtout à l’oral et par le vocabulaire. La conjugaison écrite est généralement structurée à partir de la sixième. La progression exacte varie : c’est l’enseignant qui peut dire où en est la classe.
Mon enfant connaît ses formes mais fait des fautes à l’écrit, pourquoi ?
Presque toujours parce qu’il a appris des formes isolées et non des phrases. Une forme connue hors contexte ne se déclenche pas au moment d’écrire. La correction passe par des phrases complètes, courtes, repetées.
Le présent perfect est-il un passe ?
Non, et c’est ce qui le rend difficile aux francophones. Il relie une action passée au moment présent. Tant que le prétérit n’est pas solide, l’introduire trop tôt mélange les deux.
Sources
- Eduscol, ministère de l’Éducation nationale, programmes et repères de progressivité en langues vivantes pour le cycle 3 et le cycle 4.
- La comparaison du nombre de formes entre le français et l’anglais est un décompte direct des conjugaisons, vérifiable sur n’importe quel verbe régulier des deux langues.
Cet article décrit une façon d’ordonner le travail à la maison. Il ne remplace pas la progression de l’enseignant, qui reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.