
Le plan du guide
- Qu’est-ce qu’une police pour dyslexie ?
- Que disent les études sur OpenDyslexic et Dyslexie ?
- Quelles polices courantes privilégier pour les devoirs ?
- Quels réglages comptent plus que la police ?
- Comment régler un traitement de texte ?
- Que préfère l’enfant ?
- Questions fréquentes sur la police pour dyslexie
- Une police adaptée suffit-elle à compenser la dyslexie ?
- Quelle taille de texte choisir pour les devoirs ?
- Peut-on justifier le texte d’un exercice ?
- Les polices adaptées ont-elles été étudiées en français ?
- Quelles lettres une bonne police doit-elle bien distinguer ?
- Sources
Mis à jour le 16 octobre 2026.
Un simple changement de caractères à l’écran, et la lecture deviendrait plus facile : la promesse séduit les parents en quête d’un outil simple. Le choix d’une police pour dyslexie n’est pourtant pas aussi limpide qu’il y paraît, car les polices dites adaptées côtoient des réglages bien plus ordinaires. Nous passons en revue ce que disent les sources de ces polices, puis la taille, l’espacement et la mise en page, et enfin la place à laisser à l’enfant pour trancher.
En bref.
- Aucune preuve scientifique ne montre que les polices dites dys facilitent davantage la lecture des personnes dyslexiques, ni que celles-ci les préfèrent.
- Les sources d’accessibilité recommandent plutôt une police sans empattement courante (Arial, Verdana, Tahoma), une taille de 12 pts minimum et un texte aligné à gauche.
- Selon le blog Lexidys, la mise en page (marges, espaces, contrastes) aide davantage que le choix de la police.
- Pour les devoirs, mieux vaut régler la taille, l’interligne et l’espacement que changer de police à tout prix.
Qu’est-ce qu’une police pour dyslexie ?
Une police pour dyslexie, c’est une police dont la forme des lettres a été modifiée afin de permettre une meilleure différenciation des caractères les uns avec les autres. On y retrouve aussi des ajustements sur l’espacement des caractères et sur la taille des lettres. Parmi ces polices, Dyslexie et OpenDyslexic sont les plus utilisées, et ce sont les seules à avoir fait l’objet de plusieurs études sur leur efficacité.
L’idée part d’une difficulté bien réelle : certaines lettres se confondent, le b et le d, le p et le q. Les guides d’accessibilité insistent d’ailleurs sur ce point. Ils demandent que ces lettres présentent des différences pour faciliter leur distinction, et que l’asymétrie des lettres b et d, p et q reste lisible. Ils demandent aussi que le l minuscule, le I majuscule et le chiffre 1 ne se ressemblent pas.
Selon une page grand public d’Orange, la dyslexie ne se guérit pas avec une police de caractères, mais les bonnes polices peuvent rendre la lecture bien moins épuisante. Pour comprendre ce que recouvre un trouble dys et en quoi ses formes diffèrent, voyez notre article sur le trouble dys.
Que disent les études sur OpenDyslexic et Dyslexie ?
Les résultats sont nets, et ils déçoivent ceux qui espéraient un raccourci. Il n’existe aucune preuve scientifique que ces polices soient plus facilitantes que d’autres pour les dyslexiques, ni même qu’elles soient préférées à d’autres.
Deux études illustrent cela :
- Chez des enfants dyslexiques (n = 170), les textes écrits en Dyslexie n’ont pas été lus plus rapidement que ceux écrits en Arial. La majorité des enfants préféraient lire en Arial, et cette préférence n’était pas liée à leurs performances en lecture.
- Avec OpenDyslexic, trois tâches de lecture ont été proposées à des élèves dyslexiques : nommage de lettres, lecture de mots et lecture de non-mots. Les résultats ne montrent aucune amélioration sur la vitesse ni sur la précision de lecture. Aucun élève n’a annoncé avoir pour préférence la police OpenDyslexic.
Ces travaux ont des limites. Toutes ces études ont été effectuées sur d’autres langues que le français, la plupart sur des échantillons très réduits. Elles concernent soit la lecture à l’écran, soit la lecture sur papier, ce qui n’est pas la même chose. Autrement dit, la question d’une police adaptée à la dyslexie pour le français reste ouverte, et rien ne permet d’en promettre un bénéfice.
Quelles polices courantes privilégier pour les devoirs ?
Les guides d’accessibilité convergent vers un même conseil. L’Université de Strasbourg, dans son guide de création de documents accessibles, indique qu’il est préférable d’utiliser des polices sans empattement, comme Arial, Geneva ou Helvetica, et que la lecture y est également plus aisée pour les personnes malvoyantes ou dyslexiques. Un autre guide d’accessibilité confirme que les polices sans empattement sont généralement plus faciles à lire, surtout pour le corps du texte. Côté dyslexie, Lexidys, un blog, cite lui aussi les polices sans empattement, dites à bâtons, comme Arial, Tahoma et Verdana.
Un choix de police pour dyslexiques tient donc en peu de mots : une police sans empattement. On choisit plutôt une police courante, qui n’est ni plus ni moins bien lue qu’une police adaptée, mais qui a l’avantage de convenir à tout le monde.
Les sources donnent un critère complémentaire : vérifier que les lettres ne se confondent pas. Avant d’adopter une police pour dyslexie ou une police courante, regardez si les lettres b, d, p et q, ainsi que le l, le I et le 1, se distinguent nettement. Un espacement suffisant entre les caractères évite aussi des confusions, comme entre « rn » et « m ».
Quels réglages comptent plus que la police ?
Plus que le choix de police de caractères, la macrotypographie, c’est-à-dire la mise en page, les marges, les espaces et les contrastes, est, selon Lexidys, ce qui aide le mieux. Les personnes dyslexiques sont sensibles à la taille des caractères, à la longueur des lignes et à la justification.
L’espacement des caractères et des mots entre eux aide considérablement les élèves avec des troubles dyslexiques, mais aussi les élèves dits faibles lecteurs. La raison tient en une phrase : moins ils sont occupés à déchiffrer, plus ils peuvent accéder au sens.
| Réglage | Valeur conseillée par les sources | Effet attendu |
|---|---|---|
| Police | Sans empattement courante : Arial, Geneva, Helvetica, Tahoma, Verdana | Lecture plus aisée, dont pour les personnes dyslexiques |
| Taille | Au moins 12 pts | Taille minimale recommandée par le guide de l’Université de Strasbourg |
| Interligne | Interligne de 2 recommandé | Recommandation du guide de l’Université de Strasbourg |
| Alignement | À gauche, justification à éviter | Écart entre les mots homogène, lecture moins complexe |
| Espacement des caractères | Suffisant | Moins de confusions, comme entre « rn » et « m » |
| Contraste | Contraste fort entre fond et caractères, contraste faible à éviter | Contraste faible à éviter |
Le cas de la justification mérite un mot : quand on justifie un texte, l’écartement entre les mots devient hétérogène et la lecture se complique, en particulier pour les lecteurs dyslexiques. Le texte aligné à gauche reste donc la règle à privilégier.
Pour aller plus loin sur la lecture à la maison, consultez notre page sur l’aide à la lecture pour dyslexique.
Comment régler un traitement de texte ?
Sur un traitement de texte, les valeurs à viser sont celles du tableau : police sans empattement, corps de 12 pts ou plus, interligne de 2, texte aligné à gauche, fond et caractères bien contrastés.
Un point technique concerne les documents numériques : les guides recommandent d’utiliser des unités relatives (em, rem) plutôt que des pixels pour permettre le redimensionnement du texte. Ils conseillent aussi d’implémenter des options de personnalisation de la typographie pour les utilisateurs, soit la taille, la police et l’espacement. Un support qui offre ces options laisse chacun ajuster l’affichage à ses besoins, sans dépendre d’un réglage unique.
À l’école, la question rejoint les aménagements. Mon Parcours Handicap cite parmi les aménagements de scolarité pour les enfants atteints de troubles dys l’adaptation de la taille de la police de caractères, l’utilisation d’une clé USB et une installation adaptée dans la classe. Un enfant peut ainsi travailler sur un fichier dont la taille de police est ajustée. Un autre outil de lecture, à manier sur papier, est décrit dans notre article sur la règle de lecture.
Que préfère l’enfant ?
La préférence de l’enfant compte, mais elle ne dit pas tout. Dans l’étude menée auprès de 170 enfants dyslexiques, Arial avait la préférence de la majorité, sans lien avec leurs performances en lecture. Dans l’étude sur OpenDyslexic, aucun élève n’a annoncé avoir pour préférence cette police.
Ces constats invitent à la souplesse. Un enfant peut préférer une police sans que sa lecture n’en soit plus rapide ni plus précise, et inversement. Plutôt que d’imposer une police pour dyslexie parce qu’elle est présentée comme adaptée, mieux vaut regarder ce qui le met réellement à l’aise : une taille plus grande, des lignes plus espacées, un texte aligné à gauche, un fond bien contrasté.
Si les difficultés de lecture persistent malgré ces réglages, parlez-en au médecin traitant, au médecin scolaire ou à l’orthophoniste. Les signes de la dyslexie et le bilan orthophonique sont détaillés dans notre article pour savoir si l’on est dyslexique.
Questions fréquentes sur la police pour dyslexie
Une police adaptée suffit-elle à compenser la dyslexie ?
Non : aucune police ne fait disparaître la dyslexie. Aucune preuve scientifique ne montre qu’elles facilitent la lecture davantage que d’autres polices. Les sources mettent plutôt en avant des réglages comme la taille et l’espacement.
Quelle taille de texte choisir pour les devoirs ?
Les guides d’accessibilité conseillent une taille d’au moins 12 pts. Ils recommandent aussi un interligne de 2.
Peut-on justifier le texte d’un exercice ?
Mieux vaut l’éviter. Un texte justifié rend l’écartement entre les mots hétérogène, et la lecture devient complexe, en particulier pour les personnes atteintes de dyslexie. L’alignement à gauche est préférable.
Les polices adaptées ont-elles été étudiées en français ?
Les études portant sur Dyslexie et OpenDyslexic ont été effectuées sur d’autres langues que le français, souvent sur des échantillons très réduits. Certaines concernent la lecture à l’écran, d’autres la lecture sur papier, ce qui n’est pas la même chose.
Quelles lettres une bonne police doit-elle bien distinguer ?
Les lettres asymétriques b, d, p et q, ainsi que le chiffre 1 face au l et au I. Un espacement suffisant doit aussi éviter de confondre « rn » avec « m ».
Sources
- Ortho & Co., « [Recherche] Non, les polices « dys » n’aident pas les dyslexiques ! », https://www.ortho-n-co.fr/2020/02/recherche-non-les-polices-dys-naident-pas-les-dyslexiques/, consultée le 14 octobre 2026
- Université de Strasbourg, « Rendre les caractéristiques du texte accessibles [Guide pour la création de documents accessibles] », https://documentation.unistra.fr/DNUM/Conseil_expertise/Documents_Accessibles/co/caract__texte_accessibles.html, consultée le 14 octobre 2026
- Numera11y, « La typographie accessible », https://www.numera11y.fr/documentation/typographie/, consultée le 14 octobre 2026
- Orange, Bien vivre le digital, « Dyslexiques : les polices de caractères à privilégier », https://bienvivreledigital.orange.fr/vie-pratique/astuces-et-tutos/dyslexiques-polices-caracteres-texte-doc.html, consultée le 14 octobre 2026
- Lexidys, « Quelle police pour les dyslexiques ? », https://blog.lexidys.com/2020/07/29/quelle-police-pour-dyslexiques/, consultée le 14 octobre 2026
- Accueillir les différences (DDEC 06), « Adapter la police de caractères », https://www.ddec06.fr/personnes-ressource/adapter-la-police-de-caracteres/, consultée le 14 octobre 2026
- Mon Parcours Handicap, « Quels aménagements pour la scolarité des enfants atteints de troubles dys », https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/troubles-dys-quels-amenagements-pour-la-scolarite, consultée le 14 octobre 2026
Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


