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Dyslexie des chiffres : est-ce une dyscalculie ?

Par · publié le · 8 minutes de lecture

Cahier, règle, jetons de comptage et dés posés sur un bureau en bois près d’une lampe
Le plan du guide
  1. Que veut dire dyslexie des chiffres ?
  2. Dyslexie des chiffres ou dyscalculie : quelle différence ?
  3. Quelle est la fréquence de ce trouble ?
  4. Quels signes évoquent une dyslexie des chiffres ?
  5. Comment confirmer la dyslexie des chiffres : quel bilan ?
  6. Que faire à la maison pour aider l’enfant ?
  7. Questions fréquentes sur la dyslexie des chiffres
  8. La dyslexie des chiffres existe-t-elle comme diagnostic ?
  9. Mon enfant dyslexique sera-t-il forcément dyscalculique ?
  10. Un enfant dyscalculique est-il moins intelligent ?
  11. Qui consulter en premier pour un bilan ?
  12. Ces difficultés en calcul s’effacent-elles avec l’âge ?
  13. Sources

Mis à jour le 14 octobre 2026.

Dans la vie courante, on parle volontiers de « dyslexie des chiffres » pour désigner un enfant qui se perd dans les nombres, comme d’autres se perdent dans les lettres. L’image est parlante, mais elle mélange deux réalités qui ne se confondent pas toujours. Nous passons en revue ce que recouvre cette expression, les signes qui doivent attirer l’attention, la façon dont un bilan démêle les causes et les gestes qui soulagent un enfant à la maison.

En bref.

  • La dyslexie des chiffres n’est pas un diagnostic : l’expression renvoie le plus souvent à la dyscalculie, un trouble du nombre et du calcul, mais elle peut aussi désigner les difficultés en maths d’un enfant dyslexique.
  • Selon l’Inserm, les études de prévalence évaluent la dyscalculie entre 5 et 7 % des enfants.
  • Seul un bilan, orthophonique en premier lieu, permet de savoir quelle piste est la bonne ; il se demande au médecin qui suit l’enfant.
  • À la maison, on s’appuie sur des supports concrets (jetons, dés, dessins des quantités) et on accepte les erreurs comme des occasions de comprendre.

Que veut dire dyslexie des chiffres ?

Parler de dyslexie des chiffres, c’est employer l’expression courante qui désigne la dyscalculie. Un site spécialisé précise que ce trouble est « souvent comparé à la « dyslexie des chiffres » » et qu’il rend difficile l’acquisition des notions de base en mathématiques malgré une intelligence normale et une scolarisation régulière. Une autre source résume la comparaison ainsi : la dyscalculie est aux chiffres ce que la dyslexie est aux lettres.

Le raccourci a ses limites. L’Inserm rappelle que la dyslexie se caractérise par une grande difficulté à lire et à écrire de façon fluide sans faire d’erreur, alors que la dyscalculie touche la cognition mathématique. Les deux troubles appartiennent à la famille des « dys » ; pour les définitions générales, reportez-vous à notre article sur le trouble dys.

Un enfant peut d’ailleurs cumuler plusieurs troubles. D’après l’Inserm, un enfant peut présenter plusieurs « dys », et dans près de 40 % des cas un enfant concerné par un trouble spécifique des apprentissages en présente plusieurs. Une dyscalculie peut ainsi coexister avec une dyslexie, une dysorthographie ou une dyspraxie.

Dyslexie des chiffres ou dyscalculie : quelle différence ?

La dyscalculie est un trouble spécifique des apprentissages numériques. Il intervient dans la compréhension et le traitement des nombres, la mémorisation des tables ou encore les situations de calcul et de résolution de problèmes. L’enfant ne présente ni déficience intellectuelle, ni trouble sensoriel ou psychologique.

L’Inserm souligne, dans son expertise collective de 2007, qu’il n’existe pas de définition et encore moins de critères diagnostiques unanimement acceptés de la dyscalculie. La recherche sur ce trouble en est à ses débuts et se montre beaucoup moins avancée que celle sur la dyslexie. La dyscalculie est ainsi fréquemment présentée comme un trouble négligé.

Dans la classification citée par l’Inserm, on parle de « trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul ». L’institut précise qu’il est souvent combiné à un trouble du langage ou à un trouble développemental de la coordination. La dyslexie des chiffres peut donc cacher une dyscalculie isolée, une dyscalculie associée à une dyslexie, ou de simples difficultés en maths liées à la lecture.

Quelle est la fréquence de ce trouble ?

Les chiffres varient selon les études. L’expertise de l’Inserm cite des prévalences de 5 à 7 % d’enfants dyscalculiques, et un autre passage évoque un taux allant de 3,6 à 7,7 %. Les orthophonistes retiennent environ 6 % des enfants, garçons et filles confondus. L’Inserm indique que la dyscalculie affecte probablement aussi fréquemment les garçons que les filles.

Le lien avec la lecture mérite d’être connu. Selon l’expertise collective, parmi les enfants en difficulté en arithmétique, 63 % présentent aussi des difficultés en lecture, tandis que 36 % seulement des enfants en difficulté de lecture présentent aussi un trouble de l’arithmétique.

Quels signes évoquent une dyslexie des chiffres ?

Les orthophonistes décrivent plusieurs manifestations de la dyscalculie :

  • l’enfant obtient des résultats différents chaque fois qu’il recompte une même quantité d’objets ;
  • lire et écrire des nombres est compliqué, avec des omissions ou des ajouts de chiffres ;
  • il écrit parfois « comme ça s’entend », sans s’appuyer sur la base de 10 : pour 478, il peut écrire 410060108 ;
  • le calcul mental, la compréhension des fractions, des mesures ou la mémorisation des tables de multiplication sont le plus souvent impossibles sans support visuel.

Le trouble s’exprime généralement en cours d’école primaire ou à l’entrée au collège, lorsque les exigences en mathématiques s’accroissent. Les mêmes sources notent que ces difficultés peuvent exister de façon transitoire dans un apprentissage classique des maths : c’est leur installation, avec un quotidien et un moral qui en souffrent, qui doit conduire à consulter.

Côté lecture, l’Inserm décrit chez l’enfant dyslexique un déchiffrage lent avec des erreurs, des confusions et inversions de lettres, un mauvais codage de la position des lettres. Dans un énoncé de problème, ces gênes se répercutent sur la compréhension.

Difficulté observéePiste dyslexiePiste dyscalculie
Énoncé mal comprisDéchiffrage lent, erreurs de lectureDifficulté à extraire les informations et à choisir les opérations
Nombres écrits de traversConfusions et inversions, mauvais codage de la positionOmissions ou ajouts de chiffres, écriture « comme ça s’entend »
Tables de multiplication non retenuesDifficultés de mémorisation associéesMémorisation impossible sans support visuel
Quantités recomptées avec des résultats différentsSans lien direct avec la lectureErreur de dénombrement typique

Comment confirmer la dyslexie des chiffres : quel bilan ?

Aucun article ne peut trancher. Pour des difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique, l’Inserm indique qu’il s’agit d’un bilan orthophonique. Un bilan par un psychologue spécialisé en neuropsychologie peut être utile, et un bilan d’audition en ORL ou un bilan ophtalmologique et orthoptique sont parfois nécessaires. Les orthophonistes ajoutent un bilan neuropsychologique pour tester la mémoire et l’attention, et un bilan en psychomotricité en cas de difficultés de repérage spatial ou de latéralité.

Pour consulter une orthophoniste, il faut demander au médecin généraliste ou au pédiatre une ordonnance pour un « Bilan de la cognition mathématique (Troubles du calcul et Troubles du raisonnement logico-mathématique) ». Une fois le bilan effectué, l’orthophoniste pose son diagnostic, émet des recommandations d’adaptations scolaires et propose une prise en charge.

La Haute Autorité de santé distingue deux niveaux de parcours : les situations simples sont prises en charge en proximité par le médecin de l’enfant et le rééducateur spécialiste du trouble, tandis que les situations les plus complexes relèvent des centres de référence des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, rattachés à des CHU. Elle précise que ces troubles sont fréquents et durables, mais que leurs conséquences peuvent être prévenues ou atténuées par une prise en charge précoce et adaptée. Pour les signes de la dyslexie et le repérage, voyez comment savoir si on est dyslexique.

Que faire à la maison pour aider l’enfant ?

L’Inserm prévient qu’il n’existe pas de technique « miracle » : les troubles spécifiques des apprentissages sont durables. Les gestes du quotidien aident toutefois l’enfant à avancer avec moins de stress.

Les orthophonistes conseillent de lui permettre de réciter la comptine numérique, de dessiner les quantités, de consulter les tables de multiplication et de matérialiser les quantités par des jetons. Les jeux de dés conviennent bien au travail de la comptine numérique, et cuisiner ensemble offre des situations concrètes de mesure. Il s’agit aussi d’accepter les erreurs comme autant d’occasions de comprendre les maths. Pour les tables, nos pages sur la mémorisation des tables de multiplication et les jeux de table de multiplication proposent des pistes.

À l’école, les adaptations citées vont de la mise à disposition des tables sur un support à la calculatrice, la lecture guidée des problèmes, l’autorisation de compter sur les doigts ou l’utilisation de jetons. L’Inserm mentionne aussi la lecture orale des consignes pour les enfants qui comprennent mal ce qu’ils lisent, et du temps supplémentaire pendant les épreuves. Ces adaptations peuvent se poursuivre jusqu’au brevet, voire jusqu’au bac, selon l’évolution.

Questions fréquentes sur la dyslexie des chiffres

La dyslexie des chiffres existe-t-elle comme diagnostic ?

L’expression est courante, mais le trouble qu’elle désigne généralement est la dyscalculie, aussi appelée trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul. Seul un bilan peut dire si l’enfant est concerné.

Mon enfant dyslexique sera-t-il forcément dyscalculique ?

Non. Selon l’Inserm, 36 % seulement des enfants en difficulté de lecture présentent aussi un trouble de l’arithmétique. En revanche, plusieurs « dys » peuvent se cumuler chez un même enfant.

Un enfant dyscalculique est-il moins intelligent ?

Non. L’Inserm indique que les élèves concernés par les troubles « dys » sont tout aussi intelligents que les autres.

Qui consulter en premier pour un bilan ?

Le médecin généraliste ou le pédiatre qui suit l’enfant, qui rédige l’ordonnance pour un bilan de la cognition mathématique chez l’orthophoniste. Un bilan neuropsychologique peut compléter l’évaluation.

Ces difficultés en calcul s’effacent-elles avec l’âge ?

Pas nécessairement. L’Inserm écrit que les troubles spécifiques des apprentissages sont durables, mais qu’une prise en charge précoce et adaptée, selon la Haute Autorité de santé, peut en atténuer les conséquences.

Sources

  1. Inserm, « Troubles des apprentissages : Quand le cerveau dys-fonctionne... », https://www.inserm.fr/actualite/troubles-apprentissages-quand-cerveau-dysfonctionne/, consultée le 14 octobre 2026.
  2. Inserm, « Dyscalculie et troubles de l'apprentissage de l'arithmétique » (expertise collective, 2007), https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/110/Chapitre_11.html, vue le 14 octobre 2026.
  3. Inserm, « Troubles spécifiques des apprentissages », https://www.inserm.fr/dossier/troubles-specifiques-apprentissages/, lue le 14 octobre 2026.
  4. Haute Autorité de santé, « Comment améliorer le parcours de santé d'un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages », https://www.has-sante.fr/jcms/c_2822893/fr/comment-ameliorer-le-parcours-de-sante-d-un-enfant-avec-troubles-specifiques-du-langage-et-des-apprentissages, consultée le 14 octobre 2026.
  5. Orthophonie.fr, « La dyscalculie : comprendre ce trouble DYS », https://orthophonie.fr/la-dyscalculie-comprendre-ce-trouble-dys/, page consultée le 14 octobre 2026.
  6. Hatier Parents, « La dyscalculie », https://hatierparents.fr/articles/6-10-ans/la-dyscalculie, ouverte le 14 octobre 2026.
  7. Les Ailes de la Réussite, « Dyscalculie », https://www.ailes-reussite.fr/trouble-dys/dyscalculie/, parcourue le 14 octobre 2026.

Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.

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