Dysorthographie : définition, et en quoi elle diffère de la dyslexie
Par Chantale · publié le · 7 minutes de lecture

Le plan du guide
- Dysorthographie : définition et ce qu’elle recouvre
- Quels signes peuvent faire penser à une dysorthographie ?
- Les différentes formes de dysorthographie
- Pourquoi la dyslexie et la dysorthographie vont-elles souvent ensemble ?
- Faute d’inattention ou trouble durable : comment faire la part des choses ?
- Qui pose le diagnostic, et comment ?
- Que mettre en place à l’école et à la maison ?
- Questions fréquentes sur la dysorthographie
- La dysorthographie, c’est quoi en une phrase ?
- Peut-on être dysorthographique sans être dyslexique ?
- La dysorthographie disparaît-elle avec l’âge ?
- Quel professionnel faut-il consulter en premier ?
- Des mauvaises lettres, est-ce un signe de dysorthographie ?
- Un enfant dysorthographique peut-il être évalué autrement qu’à l’écrit ?
- Sources
Mis à jour le 15 octobre 2026.
Un enfant qui écrit le même mot de deux manières d’une ligne à l’autre n’est pas forcément distrait, et celui qui lit correctement n’est pas à l’abri de fautes qui s’accumulent. Nous passons en revue ce que recouvre la dysorthographie, la manière dont elle se repère, le lien qu’elle entretient avec la dyslexie et ce qui permet d’accompagner un élève au quotidien. Reste à comprendre pourquoi les deux troubles vont si souvent ensemble sans se confondre, et qui peut établir le diagnostic.
En bref.
- La dysorthographie est un trouble spécifique et durable de l’apprentissage de l’orthographe, alors que la dyslexie touche d’abord la lecture de mots, qui devient lente et laborieuse.
- La dysorthographie découle le plus souvent d’une dyslexie, mais l’association n’a rien d’automatique.
- Le diagnostic repose sur un bilan orthophonique, demandé sur ordonnance du médecin référent.
- La rééducation orthophonique est la principale remédiation. Elle prend souvent des années, et le trouble ne guérit pas : elle aide l’enfant à compenser.
- À l’école, du temps supplémentaire, des évaluations à l’oral et des outils informatiques font partie des aménagements possibles, dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS.
Dysorthographie : définition et ce qu’elle recouvre
La dysorthographie, c’est un trouble spécifique de l’apprentissage de l’orthographe, persistant dans le temps. Comme les autres troubles dys, il est durable. Les personnes concernées n’assimilent pas correctement les règles orthographiques, et l’acquisition comme la maîtrise de l’orthographe restent difficiles, même avec un enseignement habituel.
Ces deux adjectifs, spécifique et durable, sont ce qui distingue la dysorthographie du simple retard d’apprentissage de l’orthographe. Un retard se rattrape avec le temps et la pratique. Ici, les difficultés demeurent : les personnes qui présentent de forts troubles dysorthographiques les gardent toute leur vie, avec une sévérité plus ou moins grande.
Pour situer l’ampleur du phénomène, les dyslexies et dysorthographies concernent environ 5 % à 8 % des enfants d’âge scolaire, à raison de trois garçons pour une fille. Pour une vue d’ensemble de la famille des troubles dys et de leurs différences, rendez-vous sur la page consacrée au trouble dys.
Quels signes peuvent faire penser à une dysorthographie ?
Le premier signe est la quantité d’erreurs : de nombreuses erreurs d’orthographe, qui reviennent d’un texte à l’autre. Elles ne se limitent pas aux mots rares. L’enfant a du mal à retenir l’orthographe de mots familiers et fréquents, ceux qu’il rencontre pourtant tous les jours.
L’inconstance est le deuxième trait. Une personne dysorthographique peut orthographier un même mot de façons variées, parfois à quelques lignes d’écart, et l’orthographe des mots paraît aléatoire. Elle est souvent phonologique : l’élève écrit comme il parle. Les accords sont fréquemment oubliés.
Les erreurs prennent plusieurs formes :
- une tendance à substituer certaines lettres, par exemple F et V, ou T et D ;
- des lettres qui disparaissent, comme « abre » au lieu de « arbre » ;
- des mots soudés, comme « toutacou » au lieu de « tout à coup ».
Une relecture ne règle pas tout, car il faut parfois lire à haute voix pour comprendre le sens de la phrase. L’effort a aussi un coût : une grande fatigue liée à l’activité de lecture et d’écriture accompagne souvent le trouble.
Les différentes formes de dysorthographie
On distingue trois formes : la dysorthographie phonologique, la dysorthographie de surface et la dysorthographie mixte. Cette distinction est surtout utile aux professionnels qui réalisent le bilan, car elle précise le profil de l’enfant. Dans la pratique, l’orthographe de nombreuses personnes dysorthographiques reste souvent phonologique, au sens où le mot est écrit tel qu’il se prononce.
Le profil exact ne se devine pas à la maison. Seul un bilan permet de le déterminer, et c’est lui qui oriente la rééducation.
Pourquoi la dyslexie et la dysorthographie vont-elles souvent ensemble ?
La dysorthographie est le plus souvent une conséquence de la dyslexie, et elle est majoritairement secondaire à celle-ci. Les personnes dysorthographiques sont d’ailleurs fréquemment dyslexiques. L’association n’est cependant pas systématique : la dysorthographie est souvent, mais pas toujours, liée à la dyslexie.
Les deux troubles se distinguent par ce qu’ils touchent en premier. La dyslexie se caractérise par une lecture de mots dysfonctionnelle, lente et laborieuse, et par une orthographe déficiente. Elle concerne donc la lecture, avec un retentissement sur l’écrit. La dysorthographie, elle, porte sur l’acquisition et la maîtrise de l’orthographe.
| Dyslexie | Dysorthographie | |
|---|---|---|
| Ce qui est touché | La lecture de mots, ainsi que l’orthographe | L’acquisition et la maîtrise de l’orthographe |
| Signes | Lecture lente et laborieuse, orthographe déficiente | Nombreuses erreurs, mot écrit de plusieurs façons, écriture comme à l’oral, accords oubliés |
| Diagnostic | Bilan orthophonique | Bilan orthophonique |
| Prise en charge | Rééducation orthophonique | Rééducation orthophonique |
Un repère de développement aide à comprendre les premières alertes : le décodage devient généralement automatique dans le courant du CE2. Pour les signes propres à la lecture et le repérage, la page sur la façon de savoir si l’on est dyslexique détaille la démarche.
Faute d’inattention ou trouble durable : comment faire la part des choses ?
Une faute isolée ne fait pas une dysorthographie. Le trouble se reconnaît à la persistance, à l’abondance des erreurs et à l’instabilité de l’écriture d’un même mot. Les parents sont souvent les premiers à observer que quelque chose ne va pas, et leur constat compte pour orienter vers un bilan.
Une autre confusion fréquente concerne l’écriture elle-même. La dysgraphie est un trouble persistant du geste graphique, qui retentit de manière importante sur l’aspect formel de l’écriture. Il faut l’écarter lors du diagnostic, car elle est traitée par un psychomotricien. Des lettres mal formées ne disent donc rien de l’orthographe, et l’inverse est vrai aussi.
Qui pose le diagnostic, et comment ?
Les parents peuvent demander à leur médecin référent d’établir une ordonnance pour un bilan orthophonique, pris en charge par l’Assurance maladie. Cette évaluation permet de faire le diagnostic de la dysorthographie. Le diagnostic est réalisé au minimum par un bilan orthophonique complété d’un bilan psychométrique.
La prise en charge repose ensuite sur une rééducation orthophonique prolongée. Elle constitue la principale remédiation pour un enfant dysorthographique et/ou dyslexique. Cette remédiation cognitive, qui vise à réparer le trouble, prend souvent des années. La dysorthographie ne guérit pas, mais la rééducation aide l’enfant à compenser ses déficits.
Que mettre en place à l’école et à la maison ?
À l’école, un accompagnement pédagogique peut s’organiser dans le cadre d’un projet d’accompagnement personnalisé, le PAP. Selon l’Assurance maladie (ameli.fr), ce dispositif est élaboré à la demande de la famille ou des enseignants par le chef d’établissement, après avis du médecin scolaire ou du médecin qui suit l’enfant. Quand la situation est reconnue comme un handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), un projet personnalisé de scolarisation, le PPS, fixe les grands objectifs et organise la scolarité.
Les aménagements cités sont concrets :
- accorder plus de temps à l’élève pour toutes ses productions écrites ;
- ne comptabiliser qu’une seule fois les erreurs de même type ;
- évaluer les idées et les connaissances malgré les fautes d’orthographe ;
- privilégier les évaluations à l’oral quand l’écrit est trop compliqué ;
- mettre à disposition des outils informatiques, comme un ordinateur portable ou des logiciels spécifiques.
Côté ton, il faut bannir toutes les remarques désobligeantes sur les fautes. Le travail sur l’estime de soi est très important, et l’usage de l’ordinateur peut aider à progresser en orthographe. Pour les devoirs du soir, la page sur la dyslexie et l’orthographe propose des pistes à la maison.
Questions fréquentes sur la dysorthographie
La dysorthographie, c’est quoi en une phrase ?
C’est un trouble persistant qui touche l’acquisition et la maîtrise de l’orthographe. Les personnes concernées n’assimilent pas correctement les règles orthographiques. Contrairement à un simple retard, il persiste, avec une sévérité variable selon les personnes.
Peut-on être dysorthographique sans être dyslexique ?
Oui. La dysorthographie est souvent, mais pas systématiquement, associée à la dyslexie. Les deux se rencontrent fréquemment ensemble, car la dyslexie est la cause la plus courante de la dysorthographie.
La dysorthographie disparaît-elle avec l’âge ?
Non, elle ne guérit pas. La rééducation orthophonique aide l’enfant à compenser ses déficits, mais elle prend souvent des années. Les personnes ayant de forts troubles les gardent toute leur vie, avec plus ou moins de sévérité.
Quel professionnel faut-il consulter en premier ?
Le médecin référent peut établir l’ordonnance pour un bilan orthophonique. L’Assurance maladie prend en charge ce bilan, qui permet d’établir le diagnostic.
Des mauvaises lettres, est-ce un signe de dysorthographie ?
Pas nécessairement. Un geste graphique persistant qui altère l’aspect de l’écriture relève de la dysgraphie, traitée par un psychomotricien. Elle doit être écartée lors du diagnostic.
Un enfant dysorthographique peut-il être évalué autrement qu’à l’écrit ?
Oui, les évaluations à l’oral sont citées parmi les aménagements quand l’écrit est trop compliqué. On peut aussi n’compter qu’une seule fois les erreurs de même type et évaluer les idées malgré les fautes.
Sources
- Fédération française des DYS, « La dysorthographie, trouble de l’orthographe méconnu », https://www.ffdys.com/actualites/la-dysorthographie-trouble-de-lorthographe-meconnu-aufeminin-com/ (page du 28 octobre 2019, consultée le 14 octobre 2026).
- APEDYS Nord, « La Dysorthographie : définition, signes, aide et aménagement », https://nord.apedys.org/presentation-de-la-dysorthographie/ (consultée le 14 octobre 2026).
- Normandie Pédiatrie, « Troubles du langage écrit, Dyslexie, Dysorthographie », consultée le 14 octobre 2026, https://www.normandie-pediatrie.org/archive-troubles-pathologies-chroniques-surpoids-et-obesite/trouble-du-neuro-developpement/troubles-du-langage-ecrit-dyslexie-dysorthographie,2196,2430.html
- Délice d’apprendre, « Comprendre les dyslexies / dysorthographies », consultée le 14 octobre 2026, https://www.delicedapprendre.fr/dyslexie-dysorthographie/
- Lexidys, « La dyslexie, la dysorthographie et la dysgraphie au quotidien », consultée le 14 octobre 2026, https://blog.lexidys.com/2023/08/16/dyslexie-dysorthographie-dysgraphie-quotidien/
Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


