
Le plan du guide
- Que promettent les lunettes pour dyslexique à verres filtrants ?
- Que montrent les tests menés sur ces lunettes ?
- Promesse, avis des sources, vérifications : le tableau avant l’achat
- Les lunettes pour dyslexique soignent-elles un trouble de la vue ?
- Pourquoi un bilan de la vue reste-t-il utile ?
- Que faire concrètement avant d’acheter des lunettes pour dyslexique ?
- Questions fréquentes sur les lunettes pour dyslexique
- Les lunettes pour dyslexique guérissent-elles la dyslexie ?
- Que veut dire « image-miroir » dans la publicité des lunettes Lexilens ?
- Un bilan orthoptique suffit-il à diagnostiquer une dyslexie ?
- Les séances d’orthoptie sont-elles remboursées ?
- Les lunettes pour dyslexique sont-elles acceptées aux examens ?
- Sources
Mis à jour le 22 octobre 2026.
Entre une promesse de lecture plus fluide et un objet connecté posé sur le nez de l’enfant, les familles ont de quoi hésiter. Les verres filtrants s’adressent à un trouble du langage écrit, alors que leur mécanisme se situe du côté de l’image. Reste à savoir ce que ces lunettes pour dyslexique apportent réellement. Nous passons en revue la promesse du fabricant, les tests menés, la place de l’œil dans le trouble et les vérifications à faire avant tout achat.
En bref.
- Les verres filtrants vendus pour la dyslexie n’ont pas fait la preuve de leur efficacité : aucune étude rigoureuse n’a permis de l’établir, et une expérimentation menée en lecture de mots isolés n’a pas confirmé la promesse.
- La dyslexie relève des troubles du langage écrit, au sein des troubles dys, et non d’un défaut de la vue.
- Le diagnostic repose sur un bilan complet, pluridisciplinaire et coordonné par un médecin, jamais sur le seul port d’une paire de lunettes.
- Un examen ophtalmologique ou un bilan orthoptique garde son utilité pour écarter un problème visuel, surtout en cas de maux de tête en fin de journée.
Que promettent les lunettes pour dyslexique à verres filtrants ?
Les lunettes pour dyslexique, c’est un dispositif vendu comme une aide à la lecture, qui agit sur ce que l’œil transmet au cerveau plutôt que sur l’apprentissage lui-même. Le fabricant des lunettes Lexilens, commercialisées par l’enseigne d’optique Atol, explique que sa technologie repose sur une découverte scientifique sur le traitement des images par le cerveau.
Le raisonnement avancé est le suivant : les personnes dyslexiques, adultes comme enfants, éprouveraient des difficultés de lecture en confondant des lettres asymétriques comme le b ou le d, à cause d’« images-miroir ». Les verres électroniques de ces lunettes pour dyslexique sont présentés comme capables de filtrer ces images.
Les promesses vont loin. Selon la foire aux questions du fabricant, la lecture devient généralement plus fluide, avec une compréhension dès la première lecture, et ces lunettes apportent une solution efficace à la plupart des formes de dyslexie. Le fabricant ajoute que tous les opticiens Atol en France ont été formés pour accompagner l’acheteur, de l’achat au réglage.
Ce sont là des affirmations de vendeur. Pour savoir si elles tiennent, il faut regarder ce que les tests indépendants et les autorités de santé en disent.
Que montrent les tests menés sur ces lunettes ?
Le fabricant met en avant un essai de petite taille : depuis plus de deux ans, 12 enfants dyslexiques de 8 à 12 ans testeraient ses lunettes.
Une étude scientifique d’envergure a été menée par la chercheuse Marie Lubineau pour évaluer l’efficacité de ces accessoires, et elle compte parmi les premières du genre. Le protocole est simple à comprendre. Les chercheurs ont fait répéter trois exercices de lecture de mots isolés, huit fois, dans des conditions différentes : lunettes réellement allumées ou non, en laissant parfois croire aux participants qu’elles l’étaient.
Le compte rendu publié à ce sujet conclut que la promesse de ces objets connectés, commercialisés depuis deux ans au moment de l’article, ne résiste pas à l’épreuve de l’expérimentation scientifique. La même source indique que l’UNADREO a retrouvé la trace, sur la plateforme des essais cliniques, d’un projet mis en place par la marque d’opticien qui vend ces lunettes.
Pour un parent, la conclusion est nette : ces verres ne peuvent pas être présentés comme une solution démontrée.
Promesse, avis des sources, vérifications : le tableau avant l’achat
Le tableau ci-dessous met en regard chaque argument de vente avec ce que les sources permettent d’affirmer, et avec le point à contrôler avant de signer un devis.
| Promesse du fabricant | Ce que disent les sources | À vérifier avant d’acheter |
|---|---|---|
| Les verres filtrent les images-miroir qui feraient confondre b et d | Aucune étude rigoureuse n’a établi l’efficacité de ce type de dispositif | Demander quelle publication scientifique appuie l’explication |
| La lecture devient plus fluide, avec une compréhension dès la première lecture | Dans une expérimentation en lecture de mots isolés, la promesse n’a pas résisté à l’épreuve | Savoir si les essais cités comparent lunettes allumées et éteintes |
| Une solution efficace pour la plupart des formes de dyslexie | La dyslexie relève des troubles dys, qui touchent des fonctions cognitives comme la lecture et l’orthographe | Se demander si un bilan complet a déjà été réalisé |
| Un accompagnement par des opticiens formés | Le diagnostic repose sur un bilan pluridisciplinaire coordonné par un médecin, pas sur un opticien | Garder le suivi orthophonique et médical, quel que soit l’achat |
| Une autorisation aux examens (information donnée par un rectorat, non par le fabricant) | Un rectorat a indiqué autoriser ces lunettes pour la session 2023 | Interroger l’établissement ou le rectorat sur la règle en vigueur |
Un dernier point pèse sur la décision : la présidente de la Fédération française des Dys a jugé le prix de ces lunettes absolument impossible pour certaines familles. Un équipement coûteux, dont l’efficacité n’est pas démontrée, mérite donc d’être comparé à d’autres pistes, comme celles que nous décrivons dans notre page sur l’aide à la lecture pour dyslexique.
Les lunettes pour dyslexique soignent-elles un trouble de la vue ?
La question part d’une confusion possible. Les troubles dys, rappelle la Haute Autorité de santé, peuvent concerner une ou plusieurs fonctions cognitives : le langage oral, le langage écrit (la lecture, l’orthographe), le calcul, les fonctions praxiques gestuelles ou visuospatiales, et les fonctions transversales comme l’attention, les mémoires et les fonctions exécutives.
La dyslexie se rattache donc au langage écrit. Elle n’est pas décrite comme une maladie de l’œil, et c’est pourquoi une paire de lunettes, même électronique, vise un point différent de celui qui est en cause. Pour comprendre la place de chaque trouble dys, nous renvoyons à notre page sur le trouble dys.
Le diagnostic obéit à une logique de bilan. D’après l’Assurance maladie, il repose sur un bilan complet, dit diagnostique pluridisciplinaire, coordonné par un médecin. Le médecin traitant ou le pédiatre peuvent prescrire un bilan chez un orthophoniste, et le médecin de santé scolaire peut le faire pour les élèves des établissements de son secteur. Dans tous les cas de troubles dys, ce bilan est qualifié de capital et sollicite plusieurs professionnels.
Pourquoi un bilan de la vue reste-t-il utile ?
Dire que la dyslexie n’est pas un trouble de la vue ne signifie pas que les yeux n’ont aucun rôle dans les difficultés de lecture. Un enfant peut lire mal pour une raison visuelle, et il faut alors la repérer.
L’Assurance maladie cite, parmi les examens du bilan, un examen ophtalmologique ou un bilan orthoptique, qui étudie la motricité des yeux. Il est indiqué principalement quand l’enfant souffre de maux de tête, surtout le soir. Pour dépister tôt des troubles de la vue qui pourraient gêner l’acquisition de la lecture, l’Assurance maladie propose aussi un dépistage scolaire en petite section de maternelle.
Un cabinet d’orthoptie détaille la difficulté : plusieurs types de troubles visuels ou oculomoteurs peuvent produire des difficultés de lecture qui ressemblent à de la dyslexie. Exemple donné : l’insuffisance de convergence, quand les deux yeux ont du mal à converger vers les mots de près, ce qui fait que les images se dédoublent ou se chevauchent.
Le même cabinet précise qu’un enfant peut avoir à la fois une dyslexie phonologique et des troubles oculomoteurs associés. C’est précisément pour cela, écrit-il, qu’une évaluation pluridisciplinaire est essentielle et reste la meilleure approche. Il rappelle aussi que le diagnostic de dyslexie ne peut pas être établi par un orthoptiste seul.
Que faire concrètement avant d’acheter des lunettes pour dyslexique ?
Plusieurs repères se dégagent des sources.
Commencer par le bilan. Si votre enfant lit avec difficulté, le médecin traitant, le pédiatre ou le médecin scolaire peuvent orienter vers un orthophoniste. Pour savoir quels signes doivent alerter, consultez notre page sur la façon de savoir si l’on est dyslexique.
Se renseigner pour les examens. Selon l’article cité, le rectorat de Lyon indiquait dans son guide d’aménagements d’examens autoriser ces lunettes connectées. Cette autorisation ne vaut pas preuve d’efficacité : elle relève d’une règle d’organisation des examens, et il faut interroger l’établissement pour connaître la règle actuelle.
D’autres outils, comme le choix d’une police adaptée à la dyslexie, peuvent aussi être comparés avec la même rigueur.
Questions fréquentes sur les lunettes pour dyslexique
Les lunettes pour dyslexique guérissent-elles la dyslexie ?
Non, rien ne le montre. L’efficacité de ce type de dispositif reste à prouver, et l’expérimentation décrite plus haut ne valide pas la promesse du fabricant. La rééducation repose principalement sur des séances d’orthophonie.
Que veut dire « image-miroir » dans la publicité des lunettes Lexilens ?
C’est l’explication avancée par le fabricant : les personnes dyslexiques confondraient des lettres asymétriques, comme le b et le d, à cause d’images-miroir que ses verres électroniques sont censés filtrer. Cette explication est celle du vendeur, et aucune étude rigoureuse ne l’a validée pour l’efficacité du dispositif.
Un bilan orthoptique suffit-il à diagnostiquer une dyslexie ?
Non. Un cabinet d’orthoptie le rappelle : le diagnostic ne peut pas être établi par un orthoptiste seul. L’Assurance maladie décrit un bilan complet, pluridisciplinaire, coordonné par un médecin, auquel le bilan orthoptique peut contribuer.
Les séances d’orthoptie sont-elles remboursées ?
Les séances d’orthophonie ou d’orthoptie en cabinet de ville, sur prescription médicale, sont prises en charge à 60 %. Elles sont totalement remboursées dans un CAMSP, un CMP ou un CMPP.
Les lunettes pour dyslexique sont-elles acceptées aux examens ?
Cela dépend de la règle appliquée. Le rectorat de Lyon indiquait autoriser ces lunettes connectées dans son guide pour la session 2023. Renseignez-vous auprès de l’établissement avant l’examen.
Sources
- Assurance maladie (ameli), « Comment repérer une dyslexie et une dysorthographie ? », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit/symptomes-detection-diagnostic, page consultée le 14 octobre 2026.
- Assurance maladie (ameli), « Dyslexie et dysorthographie : suivi médical et rééducation », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-langage-ecrit/prise-charge-medicale-reeducation (consultée le 14 octobre 2026).
- Haute Autorité de santé, « Troubles « dys » : vers un parcours de santé gradué et coordonné », https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2974221/fr/troubles-dys-vers-un-parcours-de-sante-gradue-et-coordonne, consultée le 14 octobre 2026.
Cet article ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Si une difficulté vous inquiète, parlez-en au médecin traitant ou au médecin scolaire, qui orientera vers les bilans appropriés.
Écrit par Chantale, pour Dysmoitout. Une erreur, une question sur ce guide ? Écrivez-nous.


