Le vocabulaire anglais, par quelle liste faut-il commencer
Mis à jour le 5 septembre 2026.
Vous cherchez une liste de vocabulaire anglais pour votre enfant, et vous tombez sur des pages de cent mots essentiels, de mille mots indispensables, de trois mille mots classes par thèmes. Toutes promettent la même chose, et aucune ne dit combien il en faut vraiment, ni dans quel ordre.
La question a pourtant une réponse mesurée. Elle est plus exigeante qu’on ne l’imagine, et c’est justement ce qui rend la méthode importante : quand le chemin est long, l’ordre dans lequel on avance décide de tout.
En bref. Pour comprendre un texte anglais sans aide, il faut en connaître environ 98 % des mots, soit un mot inconnu sur cinquante. Le linguiste Paul Nation a chiffré ce que cela représente : 8 000 à 9 000 familles de mots pour l’écrit, et 6 000 à 7 000 pour l’oral. Une liste de cent mots essentiels est donc un point de départ, pas un objectif. La bonne stratégie n’est pas d’apprendre plus de mots, c’est d’apprendre les bons d’abord : les mots-outils, ceux qui reviennent dans toutes les phrases, puis le vocabulaire des situations que votre enfant rencontre vraiment.
Combien de mots faut-il connaître, vraiment ?
La réponse dépend de ce qu’on appelle comprendre. Les chercheurs travaillent sur la notion de couverture du texte : la proportion des mots d’un texte que le lecteur connaît déjà.
Le seuil généralement retenu pour une compréhension autonome, sans dictionnaire et sans aide, est de 98 %. Cela paraît énorme, et ça l’est : 98 %, cela veut dire un mot inconnu toutes les cinquante mots, soit environ deux ou trois par page.
Paul Nation, dans un article de 2006 publié dans The Canadian Modern Language Review, a calculé ce que ce seuil exige en nombre de mots connus. Sa conclusion : 8 000 à 9 000 familles de mots pour comprendre un texte écrit, et 6 000 à 7 000 pour l’oral. Une famille de mots regroupe le mot de base et ses dérives : help, helps, helped, helpful, unhelpful comptent pour une seule famille.
Ce chiffre n’est pas la pour décourager. Il sert à poser une chose : aucune liste de cent ou de mille mots ne mène à l’autonomie, et il ne faut donc pas la vendre comme telle à un enfant. En revanche, les premiers milliers de mots portent l’essentiel de ce qu’on rencontre, et c’est la que se joue le rendement du travail.
Par quels mots commencer, alors ?
Par ceux qui reviennent partout, quel que soit le sujet du texte. Ils ne sont pas spectaculaires, et c’est pour cela que les listes thématiques les oublient.
| La famille | Pourquoi elle passe en premier | Exemples |
|---|---|---|
| Les mots de liaison | Ils portent la logique de la phrase. Sans eux, on connaît les mots mais pas le sens | and, but, because, so, then, when, if, also |
| Les verbes outils | Ils construisent presque toutes les phrases | be, have, do, go, make, take, get, come, say, see |
| Les quantités et le temps | Ils reviennent dans tous les énoncés | always, never, often, some, many, few, now, before, after |
| Le corps, la maison, l’école | C’est ce dont l’enfant parle vraiment | hand, head, door, room, book, pen, teacher, friend |
| Les mots de la consigne | Ils décident de la note, et personne ne les apprend | choose, match, fill in, tick, underline, write, answer |
En CM2, ces mots-outils suffisent déjà à couvrir l’essentiel de ce qui est demandé : nous détaillons le programme dans notre article sur l’anglais en CM2.
La dernière ligne mérite qu’on s’y arrête. Un enfant qui ne comprend pas match the words ou tick the right box rate un exercice qu’il aurait su faire. Ces mots-la ne figurent dans aucune liste thématique, et ils rapportent immédiatement.
Les verbes outils, eux, sont presque tous irréguliers : ils sont donc à travailler en même temps que les verbes irréguliers anglais, et non séparément.
Combien de mots par semaine, et comment les faire tenir ?
Cinq à dix mots par semaine, revus plusieurs fois, valent mieux que trente appris la veille du contrôle et oubliés le surlendemain.
La règle qui compte n’est pas la quantité, c’est l’espacement. Un mot vu une fois disparaît. Un mot revu le lendemain, puis trois jours plus tard, puis une semaine plus tard, s’installe. C’est le même principe que pour les tables de multiplication, et il ne souffre pas d’exception.
Trois façons de faire tenir un mot, par ordre d’efficacité :
- Dans une phrase vraie. My brother is afraid of dogs tient mieux que afraid = effraye, parce que la phrase donne un contexte et une image.
- Avec son contraire ou sa famille. Big / small, help / helpful. Le cerveau range par réseau, pas par ordre alphabétique.
- En production, pas en reconnaissance. Reconnaître un mot dans une liste est facile ; le retrouver quand on en a besoin est le vrai test. On demande donc le mot anglais à partir du français, jamais l’inverse.
Les fiches et les applications servent-elles ?
Les fiches cartonnées, oui, à une condition : que la réponse soit cachée. Une liste ouverte à deux colonnes ne fait pas travailler la mémoire, elle fait relire. Une fiche avec le français devant et l’anglais derrière oblige à chercher, et c’est cet effort qui installe le mot.
Les applications à répétition espacée font la même chose automatiquement, et elles le font bien. Leur défaut est ailleurs : elles proposent souvent des choix multiples, ce qui remplace le rappel par la reconnaissance. Quand l’application le permet, il faut choisir le mode saisie plutôt que le mode quiz.
Un point que les deux partagent : ni la fiche ni l’application ne font parler. Un mot su en fiche et jamais prononce ne sort pas en conversation. Cinq minutes de phrases à voix haute par semaine changent cela.
Faut-il apprendre le vocabulaire par thèmes ?
Par thèmes, oui, mais pas n’importe lesquels, et pas d’emblée.
Les listes thématiques du commerce commencent souvent par les animaux de la ferme, les couleurs et les fruits. Ce sont des mots concrets, faciles à illustrer, et peu utiles après deux mois. Les thèmes qui rapportent sont ceux que l’enfant rencontre : sa journée, sa famille, son école, ce qu’il aime, ce qu’il fait le week-end.
Une précaution utile : apprendre dix mots du même thème d’un coup les fait se concurrencer dans la mémoire. Blue, green, grey, brown appris ensemble se mélangent. Mieux vaut trois mots d’un thème, trois d’un autre, et les rebrasser ensuite.
Que faire quand un mot ne rentre jamais ?
Il y en a toujours deux ou trois. Trois solutions, dans cet ordre.
Changer le contexte. Le mot est associé à une phrase qui ne dit rien à l’enfant. On en fabrique une qui le concerne.
Chercher l’accroche. Une ressemblance avec le français, une image, un son. Bread et brioche n’ont aucun lien étymologique utile, mais si l’association aide, elle fait le travail.
Le laisser. Un mot sur dix qui résiste n’est pas un échec. Il reviendra dans un texte, et il rentrera la, en situation.
Questions fréquentes
Combien de mots connaît un élève de sixième ?
Cela varie énormément selon l’exposition, notamment hors de l’école. Les repères des programmes portent sur des compétences de communication plutôt que sur un nombre de mots, ce qui explique qu’aucun chiffre officiel simple ne circule.
Faut-il traduire ou éviter le français ?
Traduire est efficace au début, parce que c’est rapide et clair. L’objectif est de s’en passer progressivement, en associant le mot à une image ou à une définition simple plutôt qu’à son équivalent.
Les mots vus en chanson ou en dessin anime comptent-ils ?
Oui, et ce sont souvent les plus solides, parce qu’ils sont rencontres plusieurs fois en situation. C’est aussi la façon la plus économique d’augmenter le nombre de rencontres avec un mot, ce qui est exactement ce que demande la mémorisation.
Faut-il un carnet de vocabulaire ?
Oui, s’il est organisé autrement que par ordre chronologique. Un carnet où l’on ajoute les mots au fil des cours devient illisible en trois mois. Range par famille ou par situation, il reste consultable.
Mon enfant comprend à l’écrit mais pas à l’oral, pourquoi ?
Parce que ce sont deux compétences distinctes, et que la forme sonore d’un mot ne s’apprend pas en le lisant. Il faut entendre les mots, pas seulement les voir, ce qui explique le chiffre plus bas exige à l’oral dans les travaux cités en sources.
Sources
- Nation I. S. P., « How Large a Vocabulary Is Needed for Reading and Listening ? », The Canadian Modern Language Review, 2006, volume 63, numéro 1. L’auteur y indique que si une couverture de 98 % du texte est nécessaire à une compréhension autonome, alors un vocabulaire de 8 000 à 9 000 familles de mots est requis pour l’écrit, et de 6 000 à 7 000 pour l’oral.
- Eduscol, ministère de l’Éducation nationale, programmes et repères de progressivité en langues vivantes pour les cycles 3 et 4.
Cet article décrit une façon d’organiser le travail à la maison. Il ne remplace pas la progression de l’enseignant, qui reste la référence pour savoir ce qui est attendu et quand.